de l’intérieur prirent toutes les mesures nécessaires et accompagné d’un soldat de la Territoriale, Tatici fut emmené dans une charrette à Turnu-Severin où il devait être remis aux autorités de Mehedinti qui elles aussi avaient reçu l’ordre de lui faire passer la frontière par l’escale de Kladova. Le 27 Août le ■capitaine Tatici était arrivé à Severin et le même jour on lui fit traverser la frontière pour entrer en Serbie98. Les autres condamnés furent graciés un an plus tard à l’occasion de la fête du Prince. Ils devaient être libérés immédiatement de la prison de Giurgiu. On faisait entre les condamnés la distinction suivante : « ceux qui étaient étrangers et venaient d’au-delà du Danube devaient être renvoyés chez eux », quant aux autres — c’est à dire les aborigènes ainsi que ceux qui payaient des impôts dans le pays mais étaient d’origine étrangère devaient être renvoyés chez eux sous caution ". Parmi eux se trouvaient aussi Ilie sin Teodor de Sliven qui « étant atteint de débilité mentale » avait été envoyé sur l’ordre du Prince depuis le 7 Septembre 1842 à «la direction des maisons de bienfaisance« ce qui voulait dire à l’hôpital 10°. La liste de ceux que Bibescu a graciés en 1844 comprend aussi les 38 détenus de la prison de Giurgiu et on peut y lire le nom de chacun d’eux ainsi que celui du village ou de la ville qu’ils habitaient ou dont ils étaient originaires. La plupart sont des Bulgares fixés depuis longtemps déjà chez nous et quelques Serbes de Kruçeva^, Kladova, etc.101. On a fait traverser le Danube à 7 d’entre eux et les autres furent envoyés sous caution à Braïla, Zimnicea ou dans les autres parties du pays où ils avaient leur domicile. On ne pourra bien comprendre toutes les causes qui expliquent l’insuccés de cette première tentative qu’après avoir lu l’exposé intégral des trois mouvements — qui sera fait dans un prochain ouvrage. Toutefois, nous pouvons affirmer d’ores et déjà, que si le mouvement de 1841 n’a pas réussi, c’est parce qu’il avait été insuffisamment préparé. Nous avons vu que Miloç, qui dirigeait tout, avait été forcé de quitter la Valachie avant d’avoir terminé tous les préparatifs et avant de décider de la date (probablement le mois d’Août) et du lieu où le passage du Danube devait se faire. Resté isolé à Braïla, Tatici se décide à l’action et essaye de traverser le Danube à Mâcin parce que les autorités commençaient à avoir des soupçons, ce qui donne naissance aux bagarres du port. Ce qu’il faut souligner tout particulièrement c’est le fait que le vistier Andrei Desu et le logothète Constantin Sufu n’ont pas pris part uniquement, comme on l’a cru jusqu’à maintenant, à la troisième insurrection (1843) mais qu’ils ont participé aussi à l’organisation de la première (1841). C’est parce que l’enquête sommaire faite à Braïla ne s’est par terminée par un procès, le Prince Al. Ghica ayant condamné directement les inculpés, qu’ils n’ont pas été découverts. Quoique les autorités de Braïla se soient vues dans l’obligation de recourir à la force l’attitude apparemment sévère mais en réalité indulgente du Prince, est à souligner. Sans cette condamnation rapide, les volontaires auraient pu être à tout moment réclamés par la Porte. D’ailleurs, les docu- 98 Ibidem, f. 292, 299. 99 Ibidem. io° \rch. de l’Etat, Bue., dos. Adm. 2612/1840, f. 395. 101 Ibidem, f. 401. 260