Pouchkine, avec lequel il entretenait des rapports d’amitié8®. Lorsqu’il se fixa en Occident, son œuvre commença a être traduite en français, au cours même de l’année 1830. Les premières œuvres traduites sont celles ayant un caractère national révolutionnaire comme par exemple le poème historique Konrad Wallenrod (1830)34 ou Ksiçgi narodu i pielgrzymstwa polskiego (1833)35. Son dernier ouvrage représentait selon l’affirmation de Montalembert, l’un de ses traducteurs, un exemple de « la foi impérissable au triomphe de la cause du droit et de la liberté ». Les traductions d’après Mickiewicz se multiplient et le prestige du poète augmente. Il est salué avec sympathie et loué à différentes reprises par des écrivains comme Sainte Beuve (1836), Georges Sand (1839), Edgar Quinet (1844), Jules Michelet (1867), V. Hugo (1867), Ernest Renan (1890), etc. «Banni, proscrit, vaincu—disait Hugo—il a superbement jeté aux quatre vents Faîtière revendication de la patrie. La diane des peuples, c’est le génie qui la sonne ; autrefois c’était le prophète, aujourd’hui c’est le poète, et Mickiewicz est un des clairons de l’avenir »86. En Allemagne, aussi, le nom de Mickiewicz devient de jour en jour plus connu après l’année 183037. Le poète Ludwig Uhland (1787—1862) lui dédie en 1833 une poésie où retentit le vibrant écho du choc des armes dans la lutte pour la libération du peuple polonais: « Schwert uncl Sense, scharfen Klanges Dringen her zu unsern Ohren, Und der Ruf des Schlachtgesanges, Noch ist Polen nicht verloren. » Mais la voix d’Adam Mickiewicz avec son message poétique devient de plus en plus un signal et un chant de combat en vue de la libération nationale et sociale des peuples subjugués. En 1835 avec la traduction de son œuvre Ksicgi narodu i pielgrzymstwa polskiego commence la série, des autres traductions de ses poésies dans les langues croate et serbe38. Il est lu, copié, réimprimé en original et traduit aussi bien en Bohème qu’en Slovaquie39. Il est également apprécié en Hongrie où on traduit des fragments des ces mêmes œuvres révolutionnaires: Konrad Wallenrod (1834) et Ksiegi narodu 33 Cf. L e o h Go m o 1 i c k i, Dziennik pobytu Adama Mickiewicza w Russji, Varsovie, 1949, p. 221, 232, 267 etc. 34 A d a m M i c k i e w i c z, Konrad Wallenrod trad. p. F. Miaskowski et G. Fulgencé. Paris, 1830, 75 pp. Une seconde édition a paru dans le courant de la même année. Toujours en 1830 parut une nouvelle traduction adaptée par Burgaud des Marets, Paris, 1830, XI + 163 pp. 36 A d a in Mickiewicz. Livre des pèlerins polonais, trad. par Charles de Montalembert, Paris, 1833, LXXV + 176 pp. Une seconde édition parut en 1834. Une nouvelle traduction incomplète fut faite par L. Lemaître: Livre de la nation polonaise, Paris, 1833, 124 pp.; la II-ème édition en 1833. 38 V. Hugo, dans Y Inauguration du monument d’Adam Mickiewicz à Montmorency, Paris, 1867, p. 44. 37 «Blätter für literarische Unterhaltung», 1830, p. 194 — 195. 38 Cf. J. B e n e s i c, Bibliografski pregled hrvatskih i scrbskih prievoda iz poljskie literature od. god. 1835 do 1947, dans: uDanasnjie Poljska», Zagreb, 1848, p. 207 — 249, Voyez aussi Vilim Francic, dans « Pamiçtnik Stowianski », I, (1950), p. 130 — 147. 39 Cf. J ô z e f M a g n n s z e w s k i, Mickiewicz wsrôd Slowakôw, Wroclaw, 1956. p. 30 et suiv. 134