Les Slaves karpatiques gréco-catholiques, les Slovaques surtout, ont aujourd’hui encore la conscience que leurs ancêtres ont été christianisés dans leur langue slave par Cyrille et Méthode eux-mêmes en qui ils honorent les apôtres qui ont enseigné et éclairé les pays slaves. Les petites gens disent que c’est chez eux que la Sainte Ecriture et la messe ont été traduites en slovaque173, par Cyrille et Méthode eux-mêmes et qu’ils font de ces traductions leur nourriture spirituelle 174. Dans les chants simples que les paysans de la Slovaquie orientale et chez nous ceux de Pereg, entonnent aux fêtes de Cyrille et de Méthode, on évoque les actes accomplis par ces apôtres, dans la Grande Moravie 175, On y dit par exemple, qu’ils ont apporté dans le pays les ossements de Saint Clément, qu’ils ont enseigné plusieurs jeunes Moraves et qu’ils en ont ordonné prêtres les plus doués, qu’ils ont mené un combat acharné contre le paganisme, qu’ils ont souffert, qu’ils ont confirmé dans la foi chrétienne tous les peuples slaves, que Cyrille a été enterré a Rome, etc. Les livres d’église soulignent que les Slaves gréco-catholiques des Karpates gardent le culte actuel depuis l’époque de la Grande Moravie et. que le texte slave en est «le texte original176 «pôvodnÿ». On dit encore que les saints Audrei Svorad/mort en 1009/ et Benadik/ mort en 1012 / disaient la messe selon le rite oriental en langue slave. Ces saints sont honorés aussi par les Slovaques de la R.P.R. le 17 Juillet avec saint Bystrik, qui en qualité d’évêque de Nitra disait la messe toujours en slave et qui mourut en 1047 177. Les vieilles églises de la Slovaquie orientale, de Gemer, de la Tisa supérieure, de même que certaines écoles évangéliques, conservent, sous le crépi récent, des icônes de rite oriental portant des inscriptions cyrilliques 178. 173 ... « Jako apoëtolov jedinonravnii i slovenskÿch stran uiitele Kyrile i Methodije, bohumodri, Vladyku vëech molite... Vsa slovenskyja strany ucenmi ëvojmi prosvetivëija i k Christu privedSija. ..» (Chval’me. .. p. 247). 1,4 Imi naca sa na rodnom jazyce slovenskom liturgja bozestvenaja i vse cerkovnoe sluzenie sovrëât. . . z toho eëte do dneëneho dna cerpame... (Ibidem, p. 251). 175 La fête commune de Cyrille et de Méthode est célébrée le 5 juillet et non le 11 mai, le 25 août, le 14 oct. comme la célèbrent les autres slaves du midi et de l’Est. Cf. Bonïo St. Angelov, KtjM HCTopHHTa Ha npa3AHHKa Ha Khphji h MeTO^HH npe3 cpeAHHTe BeKOBe. dans CôopHUK e necm na anadeMUK Aa. Teodopoe-BaAan. Sophüe 1955, p. 55 — 6.8 Les Slaves karpatiques célèbrent séparément la fête de Cyrille le 14 février. 176 C’est dans ce texte, y dit-on, qu’est traduit le rite «oriental gréco-slave» . . .upo-trcbil som pôvodnÿ text. . . do ktorého je prelozenÿ vÿchodnÿ grecko-slovanskÿ obrad » (Ibidem, p. 625 — 626). 177 S. Bystrik. . . bol tiez vychodného obradu, lebo bohosluzby konal v slovenskom jazyku (Chval’me... p. 624). Les attestations historiques confirment la tradition que les Slaves karpatiques ont le rite slave depuis l’époque de Cyrille et de Méthode, dont l’œuvre fut continuée immédiatement par l’évêque Jàn aidé de trois évêques (en 899). Aux Xe — Xle siècles on en parle dans la Vie des Saints Andrei Svorad, Benadik, Bystrik. En 1204, le pape Innocent III, écrivait au roi Imrich qu’en Hongrie il n’y avait qu’un seul monastère de rite latin, tous les autres suivant le rite grec. Au XIIIe siècle l’évêque Jakub de Farkasovi^e, le chef de l’église de Spiç, était de rite grec, graeci ritus, II dit la messe pour le roi André III de Hongrie en langue slave (Chval’me... p. 622 — 625). 178 Voir des détails dans: Chval’me... p. 624. Sur la Tisa supérieure on aurait découvert une petite église de style byzantin, qui daterait de l’époque de Cyrille et Méthode. De telles églises ont été découvertes aussi dans d’autres contrées sur le territoire de la Grande Moravie Cf. D. D e r c s e n y, L’église de Pribina, à Zalavar « Études slaves et roumaines », I9f)