touchant un « lac de Dorohoi ». Mais même en admettant l’existence d’un noyau folklorique roumain il est certain que Lambrior a complété la légende d’après Asaki, en se reportant au boyard Condea, à la femme « aux chevaux noirs, au visage pâle mais serein » (comme dans Asaki) etc 26. Mais il est hors de doute qu’Asaki s’est inspiré de la création de Mickiewicz faisant habilement usage dans sa version en langue roumaine des idées et des images de l’original intervenant par endroits pour opérer des changements et des additions personnelles. La ballade d’Asaki a un coloris religieux plus prononcé. Dans celle de Mickiewicz les éléments folkloriques vivent d’une vie plus intense. Il est certain qu’Asaki ne peut être comparé à Mickiewicz pour l’art de ses tableaux aux couleurs variées, mais il le suit fidèlement selon l’esprit de la langue roumaine. A une image comme celle-ci de Mickiewicz: « Nagle dym spaila, lialas siç usmierza Na brzegach tylko szum jodly W wodach gadanie cichego pacierza I dziewic zaiosne modly? » G. Asaki répond en mètre populaire: « Cind se stinge focul cel §i strigârile s-alinâ Printre unde-ncetinel Par’câ sinte rugi suspinü Ca acele ce în zori Cîntâ vergurile-n hori » Parfois les images d’Asaki ne demeurent pas inférieures à celles de Mickiewicz, révélant un traducteur doué: Mickiewicz Jczeli nocnq, przyblizysz siç dob;j I zwrôcisz ku wodom lice, Gwiazdy nad tobq, i gwiazdy pod tob^, I dwa obaczysz ksiçzyce Niepewny, czyli szklanna spod twej stopy Pod niebo idzie rôwnina Czyli tez niebo swoje szklanne stropy Az do nôg twoich ugina: Gdy oko brzegôw przeciwnych nie siçga, Dna nie odroznia od szczytu, Zdajesz siç wisiec w srodku niebokrçga W jakiejs otchlani blçkitu. La création du grand poète polonais a aonc garcie aans, la version aue à la plume de l’écrivain moldave, toute sa véracité et tout le charme de ses vers harmonieux. La troisième ballade empruntée à Mickiewicz est la Sirena laculuiil, une I. S i a d b e i, însemnâri de drum de A. Lambrior dans la revue « Via£a Romi-neascâ », XIX (1927), vol. I, p. 34. Cf. aussi I. C. C h i ^ i m i a : A. Lambrior folklorist dans « Studii çi cercetâri de istorie literarâ çi foiclor », VI, (1957), p. 95. 27 G. Asaki, dans 1’« Almanah de învâtàturâ çi petrecere », XIII, (1854), p. 121 — 128; aussi dans sa Culegere de poezii, Iassy, 1854, p. 238 — 246. Dans l’édition récente de N. A. Ursu, citée plus haut, cf. p. 184 — 193. Asaki Noaptea eînd te apropiezi Càtre apele acele, în cer si în lac prevezi Stol de lucitoare stele Luna jos §i luna sus ÿi-n lac cursu-i spre apus, Nu-n^elegi de-i adevâr Sau fantezie, au dacâ Lacul suie-se spre ceri Veri spre lac ceriul se-pleacà, Cà de cati în a lui fund Semeni mez în glob rotund. 130