et pannoniens des formes de culture, des institutions et de nombreux mots slaves, ayant rapport à tous les domaines de la vie, inclusivement la vie reli-gieusse41. Quelques-uns de ces mots, tant hongrois que roumains, ont des caractères bulgares, comme par exemple: tj,ki, gt,> st, most, moëtoha, master a, sjestanie, etc., ou bien un dj > jd: nadejda, primejdie, odâjdii, etc. Ce n’est pas à dire que ces mots aient été répandus par des missionnaires bulgares en même temps que la langue liturgique. Ils se trouvaient déjà dans le slave ecclésiastique introduit par Cyrille et Méthode dans la Grande Moravie. C’est pour cela qu’il se retrouvent dans les textes moraves, russes, serbes et chez nous, dans le slave karpatique, Ils constituent un fonds commun de la première langue littéraire et ecclésiastique de tous les Slaves. D’autres mots à caractères bulgares ayant une origine populaire se sont répandus tant dans le roumain, que dans le hongrois, comme appellatifs, après être entrés dans ces langues par le contact avec les Bulgares dans le régions du sud. C’est ainsi que se sont répandus chez nous les mots « gradiste », « pestera », et chez les Hongrois, « pestï », poêle, four, etc. ★ Nous considérons donc que la liturgie slave a pu se répandre de Bulgarie d’une façon soutenue, après 950, au nord du Danube et gagner jusqu’à la fin du XIe siècle des parties de la Transylvanie aussi. La liturgie slave s’est répandue pendant la même époque aussi chez les Serbes et chez les Slaves orientaux, qui, comme la population de la Dacie, connaissaient la civilisation chrétienne avant cette époque. Cette culture, comme nous l’avons vu, avait déjà commencé à se répandre de la Grande Moravie dans le nord de la Transylvanie et dans le Maramures depuis la fin du IXe siècle, surtout après 874. Cette région était étroitement rattachée à la Grande Moravie aussi par le commerce du sel que l’on extrayait des mines du nord de la Transylvanie. Le professeur Vaclav Chaloupeckÿ a montré les routes par lesquelles le sel arrivait de là- bas jusqu’en Tchéquie. C’étaient les vallées des rivières: Sadzava, Iplu, Slana. Les relais sont marqués par des toponymes, comme Solniky, Solna cesta, — La route du sel (Sah-ut), allatores salis42. Parces routes les apôtres de la nouvelle culture, ont pu facilement venir de la Grande Moravie aussi, surtout parce que la région était connue de Cyrille et Méthode, qui sont venus par là pour la première fois dans la Grande Moravie. C’est toujours par là qu’ils se rendirent vers l’Ukraine occidentale et même lorsque Méthode alla pour la dernière fois à Constantinople en 884, il évita de passer par la Bulgarie et la Pannonie, préférant la route par la Dacie. Après 874, Méthode dirigea son activité plutôt sur les régions de l’est et du sud. Il évitait les régions occidentales pour ne pas entrer de nouveau en conflit avec le clergé allemand. 41 Voir à cet égard l’étude récente et la plus complète jusqu’à présent des éléments slaves de la langue hongroise du slaviste «Istvan Kniezsa», «A magyar nylv szlav jovevesi/szavai, I —II, 1955, Budapest, p. 1043. 12 V a c 1 a v Châloupeckÿ, Otâzka sût, dans « Sbornik filoz. fakulty », Bratislava, 1925, no. 30, et « Slaré Slovensko », Bratislava, 1923. 178