dant Radu Golescu fit son entrée dans la ville, la population qui était encore terrifiée, car les familles de ceux qui avaient été tués avaient menacé de mettre le feu à la ville65 fit aux soldats une réception des plus chaleureuses. Dans la nuit de lundi à mardi, le colonel Odobescu arriva lui aussi à Braïla pour commencer son enquête, qu’il continua ensuite avec Iancu Mano, directeur du «Ministère de l’intérieur » et qui était arrivé à Braïla dans ce but. Toutefois, les esprits ne se calmèrent pas de sitôt. Le jeudi 16/28 Juillet, les bulgares de Braïla se rassemblèrent devant la maison où était hébergé le vice-consul russe de Galatz, Karneev et le prièrent d’intervenir en faveur de la libération des détenus. A la prière du colonel Odobescu, Karneev, informa les Bulgares que cette libération ne pouvait être demandée aux autorités que contre le dépôt de certaines garanties. L’enquête eut lieu d’après les ordres du Prince. Alexandre Ghica voulait savoir en primer lieu, où se trouvait le centre de ces organisations révolutionnaires, leurs ramification dans le pays, en Bulgarie et en Serbie et le nom de ceux qui les conduisaient dans l’ombre. Comme il n’avait pas l’intention de remettre aux turcs, qui pouvaient les réclamer à tout moment, les volontaires prisonniers, Ghica ordonna que le « jugement et la condamnation » se fassent dans le plus bref délai. En attendant on fit remettre en liberté 21 des 64 volontaires arrêtés 56 qui étaient les moins coupables et avaient promis d’avoir une bonne conduite à l’avenir. Sept, autres volontaires restèrent internés à l’hôpital militaire de Braïla57 où le Prince donna l’ordre de les bien soigner et seuls, 36 d’entre eux avec Tatici à leur tête, furent soumis à une enquête plus sérieuse. Al. Ghica ordonna encore qu’on leur fasse connaître, que s’ils disaient la vérité, on ne les livrerait pas aux Turcs 58 et que leurs plans non plus ne leur seraient pas divulgués à ces derniers. Les déclarations des volontaires arrêtés n’ont pas été conservées59, mais ce qui est sûr c’est qu’ils avaient des attaches aussi dans d’autres villes du pays. Il l’avaient affirmé eux-mêmes avant leur départ, les consuls étrangers le croyaient et cela ressort aussi du fait que les volontaires n’étaient pas tous des Bulgares habitant Braïla, mais qu’il en était venu aussi de Galatz, de Focsani, de Giurgiu, de Zimnicea, de Rosior de Vede, de Pitesti, de Buzâu, de Ploiesti, etc. . . En dehors de quelques Grecs et de quelques Serbes de Krusevatz ou Kladova, la majorité d’entre eux étaient des bulgares «de Turquie» (Sumen, Sliven, Tîrnovo, Razgrad, Vidin, etc.)60 et fixés dans le pays. Parmi les roumains il y avait, en dehors de ce Ionitza Manea dont nous avons déjà parlé plus haut, Petre Lupu de Cerne^i, Gheorghe Albu de Buzâu, Tânase 65 Pappasoglu, ouvr. cité, p. 152. 56 D’après la correspondance de la police avec les dirigeants, 65. Arch. de l’Etat, Braïla, dos. cit. f. 60. 67 D’après la correspondance des autorités de Braïla au début 4 ou 6, Ibidem, f. 60, 61 et 78. 68 « Vous pouvez leur donner en notre nom, toutes les assurances qu’en cas d’aveu leur secret ne sera pas livré au gouvernement turc étant inadmissible que nous puissions livrer des chrétiens au sabre du tyran » (Al. Ghica à Odobescu) chez I o r g a Studii §i Documente XI, p. 249 à 250. 69 Ibidem, î. 56 duquel il résulte que les prévenus devaient faire des rapports. 60 Arch. de l’Etat, Bue. adm. 2612/1840, f. 399, 401. 251