sous le nom de Vladislav Tatici, circulait également vêtu de l’uniforme serbe, qu’il avait d’ailleurs le droit de porter. Né en Serbie, il avait fait partie de l’armée du prince Miloç et avait obtenu de lui le grade de capitaine 5. Il avait ensuite accompagné le prince lorsque celui-ci s’était établi en Valachie et il était resté quelque temps à Bucarest. Mis en prison pour dettes (1840), Tatici n’avait recouvré sa liberté que grâce au négociant Gopievici, qui après avoir payé ses dettes l’avait finalement amené avec lui à Brâila. Au début de Juillet 1841 il venait souvent à Galatz avec des actes signés par le prêvot russe de Brâila. Disposant de grosses sommes d’argent, il avait commencé à recruter des hommes pour un mouvement révolutionnaire en faveur des Bulgares. C’était d’autant plus facile à réaliser, que les Grecs qui avaient eux aussi leurs révoltes en Asie Mineure et dans les Iles de la Mer Egée sympathisaient avec la cause bulgare. En peu de temps Tatici arrive à recruter 70 hommes6. En dehors de cela il faisait aussi de fréquentes visites au vice-consul russe de Galatz Karneev, chez qui un autre vieux révolutionnaire, le major Makrievici7, avait trouvé asile. Toutes ces activités l’ayant rendu suspect, Ghica le préfet de la ville prit toutes mesures pour prévenir un péril éventuel. Le consul autrichien et lui interdirent aux négociants autrichiens de vendre dorénavant à qui que ce soit des armes et de la poudre sans autorisation spéciale et en même temps ils établirent un inventaire de ces marchandises. Tatici qui devait être arrêté pour investigations réussit toutefois à fuir à Brâila en emportant toutes les armes et toutes les munitions qu’il avait pu acheter jusqu’alors 8. Ghica et le général Lätescu chef de la milice prirent alors toutes les mesures nécessaires au maintien de l’ordre. Les forces de milice qui étaient de 400 hommes furent portées à 700. Grâce à ces mesures à peine quelques-uns des 70 hommes enrôlés à Galatz purent atteindre Brâila. Parmi eux se trouvaient Gheorghe Sändulache et Tânase Ivan tous deux de Galatz ainsi que Costache Dimitriu de Focçani9. La plupart des membres de la bande ne réussirent pas à atteindre Brâila et d’autres bulgares qui arrivaient de l’intérieur du pays et qui étaient armés furent arrêtés10. Les préfets de districts furent prévenus d’avoir à veiller au maintien de l’ordre. La police était sur les traces des agents qui se trouvaient dans les districts de Bacâu et de Neamf afin de se livrer à des recrutements clandestins car on avait découvert dans ces régions une ramification de la conspiration. On suppose qu’en dehors des Bulgares, des Roumains aussi se seraient inscrits et qu’ils auraient touché pour ce faire 180 piastres et reçu des armes. De toute façon Mihail Sturza avait déclaré au « Divan » qu’il était prêt à partir à Galatz pour se mettre le cas échéant11 à la tête des troupes. C’est ainsi qu’on s’explique pourquoi la révolte n’a pas éclaté aussi à Galatz, 5 D’après les rapports de Sgardelii, Tatici n’aurait pas eu le grade de capitaine, et il n’aurait été qu’un simple domestique renvoyé par le prince Miloç et qui se serait fait passer pour « ancien officier serbe ». Voir le rapport dans Romanski, oiwr. cité, p. 75. 6 Hurmuzaki, Documente, XVII, p. 821. 7 Ibidem. 8 F i 1 i t t i, Turbtiräri revolutionäre, p. 286. • Arch. de l’Etat, Bucarest, Dos. Adm. 2612/1840 (p. 401, 403, 408). 10 D. B o d i n, Documente, p. 185 — 186. 11 H u r m u z a k i, Documente, XVII, p. 821 — 822. 16 — 158 241