transmettre des œuvres littéraires médio-bulgares, jusqu’à des créations nationales et actives. Ces fresque mettant à la disposition du peuple les enseignements contenus dans une œuvre littéraire écrite, qui lui était inaccessible, représentent en effet un stade plus avancé du processus d’utilisation politique moldave de la littérature médio-bulgare. Ce processus avait déjà comporté l’utilisation à des fins de propagande des manuscrits calligraphiés en Moldavie, ainsi que la transmission de compilations juridiques médio-bulgares. Les annales allaient constituer non seulement le point culminant de l’activité de l’école littéraire slavo-roumaine de Moldavie mais également la réalisation suprême — la création — de l’époque d’Étienne le Grand. Bien que les seuls manuscrits slavo-roumaines du XVe siècle qui ont un contenu historique soient trois copies faites en Valachie33 d’après une chronique byzantine en rédaction serbe — celle d’Hamarlolos — l’activité historique moldave en langue médio-bulgare — par laquelle la culture slavo-roumaine s’est élevée au stade de création rationale—a été indubitablement précédée de la connaissance d’œuvres sud-slaves de même nature. On a d’ailleurs déjà identifié la circulation en Moldavie au XVe siècle de la même chronique d’Hamartolos dont le style a servi à l’auteur de la chronique de Putna 34 (letopisetul de la Putna) pour modeler le sien. Dans un sbornik de Kiev, conservé en 1891 sous le no. 116 à la bibliothèque de l’Académie théologique de cette ville, Ion Bogdan 35 a également découvert à côté des annales, appelées par lui letopisetul de la Putna, d’autres textes slaves encore plus anciens. Parmi ceux-ci nous mentionnerons les plus anciennes annales bulgares, qui se terminent en 1413 36, ainsi qu’une vieille chronique serbe qui s’arrête à l’année 1490. Le réunion de ces textes dans le sbornik de Kiev ne saurait être l’œuvre du hasard, mais leur présence dans le même codex indique, par contre, une provenance commune, qui atteste indirectement, mais avec certitude, la base culturelle qui a constitué le point de départ de l’auteur des annales slavo-moldaves pour consigner les événements nationaux. La consignation des événements locaux préoccupait depuis longtemps les disciples de l’école littéraire slavo-roumaine, à savoir dès l’époque où le moine Gabriel travaillait au monastère de Neamtz. Sur la dernière page d’un « mârgâritar » (sorte d’anthologie des plus belles pages de saint Jean Chrysostome), copié en 1443 par Gabriel37, apparaît la note suivante : Kk rt-bT'K .¿SMgf A\ÉCÉH,8 [,8AÏH KK. AÏ- A^Hk OTCfMtCift rAdKd Gn^aiu koék«>a^ rccnoAapb 3cmaa AU'AAaKCK'hiM, chha JlAtâaHAPa KOiKOA«» PoAUHA CH HA HAÏA KCfKCA^ H norpfKfH K'KIK'KK'K H'feAliM- KOAVh AK>HdCTHpK> TiPOKA« A\fCÎII,d IoyAlS K h. SÏ. AKMK> 33 Cf. E c. P i s c u p e s c u, ouvr. cité. p. 117. 34 Ion Bogdan, ouvr. cité. p. 30. 35 Cf. ouvr. cité. p. 3 — 12. " I°n Bogdan, Ein Beitrag zur bulgarisches und serbisches Geschichtsschreibungen dans « Arhiv für sl. Phil. » XIII, 1891, p. 481. 37 Cf. manuscrit si. Ac. RPR. no. 136. 216