de cet évêque « Orosiensis » signifiait « russe » donc « orthodoxe » 72. Certains y voient une forme du nom latin « Oradia », « Varadiensis »73, d’autres, enfin, comme Ondrej Halaga considèrent ce nom comme venant du thrace74. Cet évêché est mentionné aussi en 1069, lorsque Saint Ladislas aurait sauvé la fille de l’évêqué d’Oradea qu’unCouman emportait sur son cheval75. À Oradea et à Arad il y avait aussi des centres où l’on jugeait les procès. La procédure et les peines étaient celles qu’on pratiquait surtout dans l’occident76. Les vieux monastères de Transylvanie et de Hongrie deviennent des foyers de culture slave,77 comme le monastère de Péri, une fondation des Roumains où l’on rédigeait aussi des documents slaves et que le patriarcat de Constantinople avait soumise à sa jurisdiction. Un centre de moindre importance se trouvait à Seghiste—c’est-à-dire sediste < paléosl. sediti = s’asseoir — résidence 78. La culture slave du nord de la Transylvanie et du Maramureç des premiers siècles de ce millénaire se renforçait aussi à partir des centres restés en Grande Moravie. La Slovaquie Orientale conserve l’office divin dans l’ancienne langue slave, considérée comme « langue du peuple ». C’est pour cela qu’à un synode de 1104—1105 on interdit les chants religieux du peuple dans cette langue. Si le texte de ces chants avait été en latin, le synode ne les aurait pas interdits. À la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe, on disait la messe dans la langue de Cyrille et de Méthode à Spis — région de la Slovaquie orientale. On y a trouvé des fragments de manuscrits en cyrillique79. C’est toujours à Spis que fut créé un évêché au XIIIe siècle. La Slovaquie orientale était étroitement unie à la région de la Tisa supérieure. C’est en Slovaquie qu’aurait été écrite la partie cyrillique de l’évangéliaire de Reims. V. Jirecek a montré que l’évangéliaire de Vienne a été écrit « dans une région frontière de la Slova- 72 V. Châloupeckÿ considère que cet évêque était « ruské biskupstvi » et que sa juris-diction s’étendait jusqu’à Cernigrad et à la rivière de Krizi (Criç). Mais la source de cette information daterait de 1184 cf. Staré Slovensko, p. 123 et note p. 59 où il cite Anonymus chap. 22. 13 § t e 1 a n Lupça, Catolicismul si rominii din Transilvania fi Ungaria plnâ la 1556, CernâuÇi, 1929, p. 6. 71 O. Halaga montre que durant ce siècle-là l’établissement des Russes y commence à peine et que c’est trop tôt pour que la tradition latine ait pu se renforcer (cf. ouvr. cité, p. 31). 75 D’aucuns ont cru qu’il s’agissait d’un évêque latin puisqu’il est dit que cet évêque avait une fille. Mais un évêque orthodoxe aussi peut avoir des enfants s’il a été marié. Et peut-être à cette époque ne faisait-on pas de telles distinctions. 76 Documente privind istoria Rominiei. C. I. Transilvania 1951 où sont publiés 359 procès qui constituent en realité la Registre d’Oradea. Voir aussi Ion Sabàu, « Judecata probei fierului roçu In Transilvania feudalâ », dans « Studii çi referate », Bucureçti, I, 1954, p. 625 — 641. Ç t. Meteç, Din istoria dreptului romln tn Transilvania. 77 § t e f a n Lupça, Vechiul episcopat din Sâtmar, Bucarest 1938, Çt. Meteç, Mâ-nâstirile romineçti din Transilvania çi Ungaria. Sibiu 1936. p. XII —XVIII; XCIX —CXVII. 78 Em. Petrovici propose s. cr. Sediste = Residenz. Mais cela peut-être aussi le slovaque sedisce > sediçte comme dans le slovaque central. Cette localité a été aussi la résidence d’un archiprêtre passé à Beiuç. DR.X. 2, 1940, p. 245 et 539. N. I o r g a, Istoria bisericii romine, I, Bucarest, 1904, p. 171. N. F i r u, Urme vechi de culturâ in Bihor, Oradea, 1922, p. 63. M. P o p o v i c i, Monografia comunii Seghiçte, dans «Transylvanie*, Sibiu, 1911, p. 205-231. 78 I. MiSkovic — V. Pogorielov, Spiiské cyrilské ulomky, Bratislava, 1929. 183