mencement du Xe siècle, sous le tsar Siméon, comme une conséquence de la suprématie des Bulgares au nord du Danube39. L’argumentation du professeur P. P. Panaitescu est judicieuse, mais elle s’appuie sur des interprétations de faits et de situations, et non sur des données fournies pas des documents. Les sources les plus indiquées, les légendes ou les vies de Cyrille et de Méthode ne nous disent rien de l’introduction de la liturgie slave chez les Roumains. Elles se sont conservées dans des copies de la seconde moitié du XVe siècle, et la version italienne est du XIVe siècle. Il semble toutefois que la liturgie slave n’a pas pu être introduite de Bulgarie chez les Roumains juste au début du Xe siècle à l’époque du tsar Siméon, mais à peine pendant la seconde moitié du Xe siècle. Certains historiens bulgares, comme V. S. Kiselkov, ont montré que c’est à peine vers le milieu du Xe siècle que l’église bulgare s’est slavisée. Ce n’est qu’à partir de cette époque que les Slaves ont accès aux évêchés à la place des Grecs: Kliment à Ochrida, Constantin à Preslav. Dans son vaste ouvrage consacré aux apôtres des Slaves Cyrille et Méthode, Kiselkov écrit textuellement: «On peut dire sans ombre d’un doute que l’église bulgare a été déjà complètement slavisée jusqu’au milieu du Xe siècle, puisque tous ses principaux serviteurs ont été des Slaves bulgares et que le service religieux se faisait en langue slave et avec des livres slaves40 ». La Bulgarie ne pouvait donc pas aider la diffusion de la culture slave dans toute la Dacie au début du Xe siècle, parce qu’alors, même en Bulgarie, on n’employait pas exclusivement des livres slaves, et que la langue slave ne s’était pas encore imposée comme langue sacrée, à cause des Grecs et des partisans des offices religieux en grec. À cette époque, les apôtres des Slaves du sud ont pu enseigner tout au plus dans les contrées voisines de la Dob-roudja, sur les bord du Danube. Mais il n’ont pu atteindre le nord de la Transylvanie, et le Maramures probablement pas même après 930, surtout parce que la domination bulgare en Dacie cesse à cause des Petchénègues qui s’étaient établis en Valachie. L’empire morave, voisin des Bulgares, d’autre part, tombe sous le joug des Hongrois, qui commencent à pénétrer en Dacie, d’abord dans le Banat et dans la vallée du Mures. Il faut admettre, d’autre part, que la liturgie slave s’est répandue sur tout le territoire de la Dacie avant la conquête de la Transylvanie par les Hongrois, c’est-à-dire jusqu’à la fin du XIe siècle, car les Hongrois, étant attachés à Rome auraient empêché la propagation du culte slave. Cela doit être entendu avec une certaine relativité, puisque la diffusion de livres et de manuscrits slaves a continué sous les Hongrois. Nous voyons même d’après le matériel conservé et connu, que certains livres slaves étaient même imprimés en Transylvanie, où l’on rédigeait même des manuscrits en slave et où l’on a conservé aussi quelques inscriptions rédigées dans la même langue. Beaucoup de livres slaves aussi furent imprimés à Budapest et en Valachie, etc. Au commencement, les Hongrois eux-mêmes ont emprunté aux Slaves moraves 39 P. P. Panaitescu, ouvr. cité, La littérature slavo-roumaine et son importance pour l’histoire des littératures slaves, 1925, Prague, pp. 1 — 4. 40 Kisel Kiselkov, CAaeHHCKume npoceemumeAU KypuA u Memod u nvhxnama deameAbHoemb. Sophie, 1945, p. 428. 12 - 158 177