smerti, serdce, korm ». Les formes de la langue religieuse proviennent du slovaque central, d’où les moravismes ont pénétré dans le paléoslave. C’est du russe karpatique et de l’ukrainien qu’ont pénétré les formes de la langue parlée renfermant « r, 1 >or, ol, er, et » et la pléophonie dans le groupe des liquides coexistant à côté des formes à métathèse: progolosil et preglasil, presolodkoe et presladkoe choronitisï et chraniiisî: dolgy et dlhy = devoirs, golovina, etc. 122). Un autre moravisme très ancien dans le slovaque central, c’est le double traitement des groupes ort, olt>rat, lat, et rot, lot : razum et rozum = raison, lani et loni, l’année passée, loket et laket. Le nom du souverain de la Grande Moravie était Rostislav, mais aussi Rastic, qui ne peut s’expliquer que par le slovaque central. Le point de départ de la plupart des moravismes entrés en paléoslave se trouve entre les Petites Karpates et Nitra, une région intermédiaire entre celles qu’ont occupées plus tard le slovaque central et le slovaque occidental. La métathèse des groupes ort, oit s’est effectuée aux VIe ou IXe siècles environ 123). C’est toujours de cette région que proviennent aussi dl, tl> 1: molim, kadilo, svetilo, melo, etc. ccmme dans le slave du sud et de l’est. Mais parfois ces groupes se sont conservés comme dans le slave occidental: modlim, kadidlo, metlo 124). Les anciens groupes kl, gt, et dj présentent un triple traitement dans le slave ecclésiastique des Karpates. C’est en vertu de la tradition que s’y conservent les formes caractéristiques des parlers bulgares des environs de Salonique, st, zd ; nostï, nemostï, alcjustkh pitalelnica = qui nourrissent les affamés; utvrzdenie sily jeho = le renforcement de son pouvoir125. Nous rencontrons le mot odezda = vêtement, vêtements sacerdotaux, qui, comme «sracica», a remplacé le mot grec « ependit » de la langue de Cyrille et de Méthode. Le slave karpatique conserve cependant : riza 126. Les mêmes groupes présentent aussi le traitement slave occidentalo-morave; nemoc = maladie z, gt> sc, = utverzenie, bezmeznoe, vsemohuscyj, sont fréquentes128. L l épenthétique, qui a disparu du bulgare vers le milieu du Xe siècle est fréquent lui aussi. Il s’est cependant conservé dans le slave ecclésiastique même chez les Slaves occidentaux, dans la langue desquels il n’existe pas : OTKyruieHHe, 3eMJiH, oÔHOBJieHHe; 7?, 6> ar e, o, comme dans le slovaque; ton, ten tT>, courant dans la région du sud-est du Gemer et en 122 MoÂUmeeHUK'b... ibid. Chval'me... 204; 228. 123 J. S t a n i s 1 a v, ouvr. cité, p. 36. 124 J. S t a n i s 1 a v souligne que dl, tl > 1 ont pénétré du slovaque central aussi dans les vieux documents tchèques. C’est une preuve que le slovaque central était la langue de culture, même quand en Slovaquie on utilisait le tchèque à cet effet. C’est d’après ces critères qu’on détermine les slovacismes dans les vieux textes, (ouvr. cité, p. 41, 52, 119, 216). J. G e b a u e r, Historickd mluvnice jazyka ceského, I. 19, p. 410.) 125 Chval’me boha... p. 216, 220, 221. 126 ¡S/tojiumeeHUKb ôjih p. 515: ofleaHHa bo pH3u. 127 Chval’me boha... p. 41. 128 MojiumeeHUKb... p. 46. 190