« atemporalité », affirmant que seul un grand artiste de cette taille peut faire pénétrer ses lecteurs dans la « sphère impersonnelle de l’émotion pure ». C. Dobrogeanu-Gherea et Garabet Ibràileanu prirent position contre les adeptes de la théorie de « l’art pour l’art ». L’attitude ferme de ces critiques attachés au mouvement ouvrier de notre pays milite en faveur du caractère obligatoire de la tendance dans l’art. De même, C. Stere adopta lui aussi en général une position juste, bien que, ultérieurement, il se laissa glisser dans le politicianisme bourgeois, mais sa connaissance de la critique « narodniste » russe lui permit de pénétrer assez profondément au cœur des problèmes de l’œuvre le Tolstoï et de démontrer que le génial écrivain russe était du côté des forces révolutionnaires par tout ce que sa création littéraire renferme de meilleur. Les fondateurs de la critique littéraire roumaine scientifique, C. Dobrogeanu-Gherea et Garabet Ibràileanu, ont mis Tolstoï à profit pour démontrer l’obligation des écrivains de manifester une attitude civique et la nécessité de la connexion dialectique de l’artiste, du milieu et de l’œuvre d’art. Ils ont indiqué la voie sur laquelle doivent s’engager les vrais écrivains réalistes. En même temps, ils ont saisi certaines contradictions de la création de Tolstoï, mais ils n’ont pu en expliquer scientifiquement les causes, ce que V. I. Lénine devait faire un peu plus tard. Les ouvrages de Tolstoï ont offert un matériel inestimable aux critiques roumains progressistes dans leur longue lutte avec l’esthètique idéaliste et le régime pourri des bourgeois et des latifondiaires.