car on y trouve aussi l’écho du sentiment que le révolution impliquait une rupture totale avec le passé. Le camp réactionnaire prétendant être à la fois le détenteur et le défenseur de l’art devant la Révolution, des poètes tels que Kirilov répondaient qu’ils préféraient détruire l’art que de céder sur un seul point de la révolution. La sensation d’ébranlement cosmique produite par la révolution a mené à un renforcement du thème de la « rupture » avec le passé dans la poésie de Maiakovski, Esenin, Demian Bednîi, elle a favorisé les tendance abstraites-romantiques, le symbolisme cosmique etc. Après avoir constaté que la poésie roumaine des années 1944—1949 a connue des phénomènes semblables, il est vrai beaucoup moins violents, l’auteur découvre des analogies plus intéressantes dans le domaine de la prose. À cette fin, il recherche les causes qui, en Union Soviétique, ont provoqué l’apparition du « héros monumental » de l’homme « fort comme le roc », présanté toujours comme un être sublime, mais aussi schématique. Prenant comme exemple les écrits de Blok, Polianski, Briusov, Maiakovski, Fedine, Gladkov, Cholokhov, Fadeev, Maliskine, Furmanov, Lavreniov ainsi que d’autres écrivains soviétiques, l’auteur en conclut que l’une des causes du phénomène a été le besoin de répondre sur le ton polémique à la tendance à la lamentation (dont s’était contaminé à un moment donné même Gorki, ce qui lui a valu des reproches de la part de Lénine), opposant à l’intellectuel bourgeois qui ne voit que les renoncements et les souffrances imposées par la révolution — le type de l’homme qui s’est enfoncé dans la poitrine « un ressort d’acier à la place du cœur » (Briusov). Une autre cause serait l’influence des masses populaires insurgées qui demandaient à la littérature des héros dotés des qualités que la masse exige des dirigeants. La confrontation entre les héros de légende, comme par exemple Tchapaev (aussi qui l’a fait Furmanov dans le roman portant ce titre), Sciors, Kotovski, est révélatrice. Les héros de la littérature devaient reconstituer la formule populaire. L’auteur de l’étude arrive à la conclusion que les traits qui caractérisent cette littérature et qui nous semblent anachroniques aujourd’hui, ne peuvent être expliqués seulement par des « erreurs », mais expriment aussi des nécessités inéluctables des exigeances objectives de l’époque.