II. STUDII §1 COMUNICÄRI «BULGARALBANITOBLAHOS » ET « SERBALBANITOBULGAROBLAHOS » -DEUX CARACTÉRISTIQUES ETHNIQUES DU SUD-EST EUROPÉEN DU XIVe ET XVe SIÈCLES Nicodim de Tismana et Grégoire Cambiale. DJORDJE SP. RADOJlClÔ (Novi-Sad) de l’Academie Serbe des Sciences et des Arts Le mélange et l’indétermination ethniques du Sud-Est européen sont très bien marqués dans deux expressions datant du XlVe et XVe siècles: « Bulgaralbanitoblahos» et «Serbalbanitoblahos ». La première est employée par Katrari vers la moitié du XlVe siècle, dans les vers byzantins se rapportant au moine Néophyte, originaire d’une localité des alentours de Salonique, dont les parents — disait-il — étaient issus d’un mélange des Albanais et des Yalaques, et que celui-ci était, par conséquent, d’origine Valaque, selon son apparence Albanais, mais par sa structure physique Bulgaroalbano-valaque x. La seconde expression se trouve dans la chronique de Jannina du début du XVe siècle, dans laquelle Vonge (mort après 1403, d’après Hopf) est marqué comme étant « Serbalbanitobulgarovalaque» 2. Ce que frappe dans les deux expressions c’est que le mot «valaque» se trouve à la fin, ce qui veut dire vraisemblablement que les deux personnes ont la même origine valaque, mais qu’elles se sont mêlées plus tard avec d’autres nationalités du Sud-Est européen. Cette fois-ci nous avons l’intention de dire quelques mots sur Nicodim de Tismana et sur Grégoire Camblak, intellectuels très remarqués à cette époque dans toute l’Europe du Sud-Est, dont la caractéristique ethnique est aussi très compliquée. A propos de Nicodim, les annales serbes de l’époque disent qu’il était « Grcic» 3, c’est-à-dire fils d’un Grec, tandis que dans une autre source serbe, notamment dans la biographie d’Isaie, personnage remarquable de l’histoire d’église serbe et balkanique, il est écrit que Nicodim, « homme honorable et saint, fort dans les saintes écritures, plus fort encore dans l’intelligence ainsi 1 Iv. Dujcev, Proucvanija värhu bälgarskoto srednovekovie ( Sbornik na Bàlgarskata Akademija na naukite i izkustvata, XLI — I, 1945, 136). Sur Jean Katrari et les expressions qui nous intéressent voir K. Krumbacher, Geschichte der byzantinischen Literatur (18972), 780-781. 2 « Glasnik Drustva srbske slovesnosti» XIV (1862), 274. Sebastian CiracEsto-pañan Bizancio y España. El legado de la basilissa Maria y de les déspotas Thomas y Esaú de Jeannina II, (1943), 54. Cf. M. Ë u f f 1 a y, Srbi i Arbanasi (1925), 69—70. 3 Ljub. Stojanovic, Stari srpski rodoslovi i letopisi (1927), 221.