la guerre de 1806 — 1812 et celle des gens de Sliven en Valachie en 1830, s’occupe cette fois des émigrations causées par la guerre russo-turque de 1828 — 1829. Voici quelles sont ses conclusions : I. Les émigrations se rattachant à aux événements de 1828—1829 couvrent une période de plus de dix années (1827—1837). On peut y distinguer différentes étapes: 1. L’émigration des années 1827 —1829 durant lesquelles Bulgares et Roumains des villages et des villes du voisinage immédiat de la rive droite du Danube passent au nord du fleuve. 2. L’émigration des années 1830—1831, qui culmine à l’été 1830. Quelque 16.000 familles, provenant dans leur immense majorité de la Bulgarie, orientale, de centres comme les villes de Sliven, Kotel, Karnobat, Aitos, Iambol, franchirent le Danube durant cette période. La plupart d’entre elles passèrent en Bessarabie et dans le sud de la Russie ; certaines s’établirent aussi en Valachie et en Moldavie. 3. L’émigration des années 1831 — 1837 enregistre des passages isolés au nord du Danube, mais surtout le retour au sud du fleuve de ceux qui avaient quitté la Bulgarie au cours des deux premières étapes. En général, les retours cessèrent en novembre 1834, à l’exception de quelques cas isolés, ceux surtout des gens de Sliven. II. L’auteur analyse en détail les traversées au nord et au sud du Danube pendant les trois étapes considérées. Il détermine les régions et les localités d’où partirent les émigrants, ainsi que celles où ils s’établirent. Les documents prouvent que, en dehors de la population bulgare qui passa au nord du Danube — laquelle constitue l’emigration principale — de nombreuses familles roumains, qui s’étaient installées au sud du fleuve bien des années avant, s’en retournèrent alors dans leur pays d’origine. Ces passages s’éffectuèrent surtout sur la portion du Danube qui baigne la rive de l’Oltenie et de la Dobroudja. Certaines de ces familles franchirent par la suite pour le seconde ou la troisième fois le fleuve en direction du sud. III. L’article étudie aussi les nombreux registres des réfugiés et en montre les lacunes et la valeur relative ou absolue. Il apporte d’importans précision aux chiffres d’un caracter tout à fait général fournis par Kisseleff. Il fournit ensuite pour diverses unités administratives, les chiffres relatifs aux émigrants tels qu’ils sont consignés dans le recensement général de la Valachie dressé en 1838, travail démographique d’une incontestable précision, corrigeant par la certaines exagérations que l’on trouve dans divers ouvrages, dans ceux surtout des historiens bourgeois. IV. On montre enfin la dispersion, variable, des émigrants et leur groupement par centres différents. La détermination, à l’aide de documents précis, de la période durant laquelle se produi-sèrent les émigrations au nord et au sud du Danube, des points de départ et d’arrivée, du nombre et de la dissémination des nouveaux-venus aidera considérablément dans les recherches de dialectologie, ainsi que dans celles portant sur l’activité économique et politique déployée par les émigrants de Bulgarie.