ayant trait à des constructions différentes (ponts, forteresses, cathédrales, etc.), mais dont le déroulement épique est en essence le même car il implique toujours l’ancestrale croyance qui exigeait un sacrifice humain comme garantie de la viabilité d’une construction monumentale. Cette constatation a conduit naturellement les folkloristes vers l’étude comparée des chants et tout aussi naturellement vers le problème de leur filiation et de leur origine. Débutant avec le chant roumain, les premiers commentaires sur ce thème furent faits en 1858, par le folkloriste saxon I. K. Schuller dont les relations avec J. Grimm sont bien connues 1. En 1879, Al. Odobescu, professeur d’archéologie à PUniversité de Bucarest, présenta à PAcadémie Roumaine une communication sur les similitudes existant entre le chant roumain et les autres chants balkaniques 2. En 1885, O. Mailand mit en évidence les liens qui existent entre les chants roumains, hongrois et serbes et émit l’hypothèse de l’origine serbe des chants roumains et hongrois 3. Par la suite, en 1890, P. A. Syrku accordant la primauté au critérium de la perfection artistique et non plus à celui de la valeur documentaire ethnographique des chants soutint la priorité des chants serbes et roumains sur les chants des autres peuples 4. Après ces premiers tâtonnements, l’attention de ceux qui cherchaient à établir l’origine du sujet par la comparaison des formes nationales connues à cette époque se concentra de plus en plus sur les chants grecs. En même temps les chercheurs constatèrent que les diverses formes nationales peuvent se grouper entre elles et former des types régionaux. K. Schladebach soutint en 1894 l’origine grecque des chants aroumains5, Gy. Sarudy en 1899 l’origine grecque et albanaise de tous les chants balkaniques et hongrois ®. L. Çâineanu, en 1896, et plus tard en 1902 admit à son tour l’origine grecque des chants aroumains et albanais, mais présuma que les formes dérivées du prototype grec s’étaient interférées chez les Albanais ainsi que dans quelques variantes bulgares, avec les chants serbes qui auraient pu apparaître indépendamment des chants grecs. Un second groupe de variantes bulgares et les chants hongrois dérivent — selon Çâineanu — du chant, roumain qui serait à son tour une création indépendante tout comme le chant serbe 7. La question des chants slaves méridionaux du sacrifice de l’emmure-ment forma en 1897 l’objet d’une communication présentée par F. S. Kraus 1 J. K. SCHULLER, Kloster Argisch, eine rumänische Volks sage, Urtext, metrische Übersetzung und Erläuterung. Sylvestergabe für Gönner von Freunde, Hermannstadt, 1858. 2 AL. ODOBESCU, Biserica de la Curtea de Arges ?i legenda mesterului Manole, Bucureçti, 1879. 3 O. MAILAND, Az ärgesi zärda mondäja, Deva, 1885. 4 P. A. SYRKU, Glasnik zemaljskog muzeja u Bosni i Hercegovini. « Zurnal Mini- terstva Narodnogo Prosveäienija », 1890, I, p. 136—156, II, p. 310—346. 6 K. SCHLADEBACH, Die arumänische Ballade von der Arlabrücke, «Erster Jahresbericht des Instituts für rumänische Sprache», Leipzig, 1894, p. 79—121. 6 GY SARUDY, Mömüves Kelemené mondäja. Irodalom tôrténeti kôzlemények, 1889, p. 41—71. 1 L. ÇÀINEANU, Legenda niesterului Manole la Grecii moderni. Sludii folclorice, Bucureçti, 1896, p. 47—66; Les rites de la construction d’après la poésie populaire de l’Europe Orientale, « Revue d’Histoire des religions », XLV, 1902, p. 359—396. 428