LES RÉFORMES 183 Ecrivant le 29 septembre à son ambassadeur à Vienne, le marquis de Lansdowne lui prescrit, tout en donnant aux deux ministres l’assurance de l’appui et do la bonne volonté de l’Angleterre, de leur « présenter quelques indications *. » Il suffit de citer quelques lignes de cette lettre pour en indiquer le ton et l’esprit : « À notre avis, écrit le ministre, nul projet ne donnera probablement des résultats satisfaisants, si son exécution est confiée à un gouverneur musulman entièrement soumis au gouvernement turc et complètement indépendant du contrôle étranger. Nous suggérons qu’il y a deux alternatives à examiner : nomination d’un gouverneur chrétien, sans attaches avec la péninsule des Balkans ou avec les puissances signataires du traité de Berlin, ou maintien d’un gouverneur musulman, assisté d’assesseurs européens. Nous nous contenterions de voir ces derniers choisis par les deux puissances. » Lord Lansdowne conseille ensuite de procéder immédiatement à la réorganisation de la gendarmerie, en invitant la Turquie à nommer des officiers et des sous-officiers européens en nombre suffisant pour s’en charger : « Nous avons appris avec regret, continue-t-il, que les deux puissances n’envisagent pas favorablement notre proposition tendant à ce qu’elles envoient leurs attachés militaires accompagner les forces turques, Nous maintenons cette proposition, qui a reçu l’appui conditionnel du gouvernement italien, et nous proposons que chacune des puissances délègue, mettons, six officiers, dans ce but, afin d’exercer une action restrictive sur les troupes turques et d’obtenir des informations dignes de foi. » Pour apprécier toute l’importance de ce document, 1. Livr4 Javne de 1905-1905, n° 37.