DE LA QUESTION D’ORIENT 5 fondeurs, jusqu’ici mal connues, de l’Asie occidentale. Une nationalité qui se cherche finit toujours par se trouver et par naître à la vie en se différenciant de ses voisines. Le Sultan, son gouvernement et ses Turcs, d’une part, et, de l’autre, l’effort continu, mais, selon les moments, plus ou moins intense, des populations sujettes, pour se soustraire à l’autorité ottomane, voilà les deux premiers éléments de la question orientale. Entre eux le rapport est simple ; mais voici le troisième terme qui introduit dans l’équation un élément de variation et d’incertitude : c’est l’intervention des grandes puissances européennes. On peut dire, d’une façon générale et l’histoire en main, que les grandes crises de la question d’Orient se produisent chaque fois qu’aux éléments permanents de trouble et d’agitation que renferme l’Empire ottoman, vient s’ajouter, pour les surexciter et les canaliser, l’intérêt d’une ou de plusieurs puissances européennes. Aujourd’hui surtout que, dans l’Europe occidentale, la forte constitution des nationalités s’oppose aux vastes entreprises, c’est vers l’Orient, où la pâte est encore malléable et les frontières mal déterminées, où la péninsule des Balkans et surtout l’Asie turque offrent un champ tout neuf d’expansion économique et d’influence politique, que les grandes puissances portent leurs ambitions et leurs rivalités. Enfin l’Em-pire ottoman est souverain légitime de quelques-uns de ces points stratégiques qui commandent les grandes routes du globe, et dont la possession est la condition de toute domination maritime et de toute hégémonie mondiale : le Bosphore, les Dardanelles, Suez. Toutes les routes de l’Inde passent dans les eaux ou sur le territoire de l’Empire ottoman. Aussi, depuis plus