186 LA QUESTION DE MACÉDOINE sant à suivre, sinon dans ses chicanes quotidiennes, du moins dans ses grandes phases. Entraînées, par le poids de leurs signatures, dans une direction où elles auraient préféré ne pas s’engager, l’Autriche et la Russie subissent toutes les conséquences de leur acte. Ne pouvant réussir à imposer au Sultan leurs résolutions, et craignant d’ailleurs que ses résistances et son inertie ne provoquent une intervention directe des puissances occidentales, nous les verrons peu à peu conduites à assumer elles-mêmes la mise à exécution des réformes. La Porte, d’abord, rejette à peu près tous les articles de Mürzsteg, les uns comme attentatoires à la souveraineté et à l’indépendance du Sultan, les autres comme inutiles ou déjà réalisés. Dans de longues notes, elle fait grand état des réformes accomplies par Hilmi Pacha, de son administration énergique, des « mille fonctionnaires révoqués » par lui : tout ce qui est à faire, elle le fait ; tout ce que les puissances demandent de légitime, elle le fera : à quoi bon la faire contrôler et surveiller par de agents européens ? Les deux ambassadeurs insistent : ils font deviner le péril par une allusion à « la tendance assez prononcée qui voudrait voir en Macédoine un gouverneur général étranger investi d’un mandat européen1 » Le Sultan comprend qu’il faut jeter du lest ; il « accepte en principe les neuf points énumérés », mais en se réservant « d’entrer en négociations à leur sujet pour s’entendre sur les détails de leur application en conformant les premier et second points à l’indépendance, aux droits souverains, au prestige du gouvernement impérial et au i. Note du 10 aoTembre 1903. Livra jauni de 1903-1905, n° 43. Annexe.