120 L’EUROPE ET LA QUESTION D’AUTRICHE Rom » est si étroitement lié à la situation politique actuelle. que nous devons observer en Allemagne la plus grande circonspection, circonspection que notre qualité d’alliés de l’Autriche donne doublement le droit d’attendre de nous (1). » § 2. — Le choix seul de procédés d’agitation si divers, mais concourant tous au même but, donne l’idée la plus avantageuse de l’intelligence et de l’habileté des meneurs panger-manistes; l’étude de la tactique très souple qu’ils observent confirme cette opinion. Il faut signaler d’une façon toute particulière la tactique qu’ils suivent à l’égard des groupements populaires autrichiens, enclins au socialisme international; les Prussophiles ont réussi, dans une large mesure, à utiliser ces tendances socialistes qui semblaient devoir leur être si opposées. Leur première action dans ce but précède de quelques années le ministère Badeni, et remonte à l’époque où il s’agissait surtout d’empêcher la cohésion de se faire entre les divers éléments slaves. Voyant le peuple tchèque, composé en immense majorité d’ouvriers industriels ou agricoles, les hommes du groupe Schönerer se sont dit — et le raisonnement était juste — que s’ils pouvaient gagner au socialisme international une partie du prolétariat tchèque, ils diviseraient le peuple bohème, empêcheraient sa concentration nationale et, du même coup, arrêteraient le mouvement fédéraliste. Partant de ce point de vue, ils ont tenté l’entreprise qu’une circonstance déjà ancienne a grandement facilitée. La presse socialiste de Vienne est en grande partie entre les mains d’Israélites, généralement hostiles aux Slaves, qui, pendant des siècles, ont formé une matière aisément (1) « Aber die Los von Rom-lîewegung ist zu sehr mit politischen Momenten durchsetzt, als dass wir in Deutschland ihr gegenüber uns nicht die grösste Vorsicht auferlegen müssten, eine Vorsicht, die angesichts unseres Bundesverhältnisses zu Oesterreich mit doppelten liecht von uns erwartet werden darf. » Cité par la Politik de Prague du 12 octobre 1900. I