S44 L’EUROPE ET LA QUESTION D’AUTRICHE Galicie, de la Bukovine et de la Dalmatie, la reconnaissance de l’allemand comme langue d’État de la Cisleithanie, qui, réduite ainsi territorialement, entrerait, en outre, dans le Zollverein allemand. Toutes ces prétentions tendent, avec beaucoup d’évidence, à faciliter la réalisation du plan pan-germaniste. Si elles triomphaient, la physionomie politique du centre du continent serait profondément modifiée; il en résulte que les élections de Cisleithanie ont une importance européenne. L’agitation menée en faveur de ce dangereux programme se poursuit avec frénésie. Le manifeste du parti allemand extrême est une preuve nouvelle de son intransigeance absolue. « Au cours de ces élections, le peuple allemand autrichien a à décider sur son propre compte et sur le sort de l’État. Il faut que les élections s’effectuent dans l’union de tout le peuple allemand autrichien, et qu’il soit déclaré au corps électoral de la façon la plus formelle, la plus péremptoire, que nous voulons un État autrichien sous la direction du peuplé allemand (I), « « et étroitement uni à l’empire allemand, » ajoute le I)r Bareuther (2). En présence de prétentions si notoirement excessives et d’une situation si troublée, que peut-on prévoir? Dans une réunion tenue le 8 septembre 1900, à Neutitschein (nord de la Moravie), le député Wolf a estimé que le nombre des membres de son parti au Parlement s’élèverait de sept à quinze. Ces prévisions sont en voie de se réaliser. Au moment où j'écris ces lignes, les résultats des élections, non encore terminées en Cisleithanie, indiquent très nettement un renforcement des postes extrêmes. L’idée nationale se manifeste de plus en plus chez les Slaves; à Vienne, où les Pangermanistes ne peuvent briguer ouvertement les suffrages, ils se sont coalisés avec les Israélites pour faire (1) Cité par la Pensée slave de Tricste, 20 octobre 1900. (2) ..... im engsten Anschluss an das Deutsche Reich. » Ascii, 11 septembre 1900.