AU SEUIL DU XX0 SIÈCLE 9 nation. Cette nation est sans cloute petite, mais elle constitue depuis ses origines une individualité historique; ses princes sont entrés dans le concert des princes allemands, mais le peuple lui-même ne s’est jamais considéré comme allemand... D’ailleurs, vous voulez affaiblir à jamais, rendre même impossible l’existence de l’Autriche comme Etat indépendant; or, le maintien de l’intégrité, le développement de I Autriche, sont d'une haute importance, non seulement pour mon peuple, mais pour l’Europe entière, pour l’humanité et la civilisation elle-même. « Le congrès de Francfort passe outre et poursuit ses séances. Les Slaves d’Autriche saisissent le péril de l’inaction en présence d’une telle activité. Les Tchèques prennent l’initiative d’appeler à Prague les délégués dç toutes*les régions slaves de la monarchie. L’Assemblée qui se réunit le 2 juin 1848 a pour but « d’affermir l’esprit de solidarité de tous les Slaves d’Autriche, de protester contre l’incorporation dans le nouvel empire allemand des pays dont les habitants n’étaient pas allemands, de s’allier pour agir en commun dans l’intérêt national et politique, de rechercher à quelles conditions on pourra organiser l’Autriche en un état fédératif, d’envoyer aux souverains une adresse dans laquelle seraient exposés les besoins et les désirs des Slaves u . Quelques jours plus tard, des troubles suscités, assure-t-on, par les autorités allemandes éclatent; le congrès est dissous. Malgré tout, la situation reste difficile, et l’empereur incline de plus en plus à s’entendre avec scs peuples. II appelle à Vienne (juillet 1848) leurs députés, sauf ceux des pays de la couronne de Hongrie qui dépendent du gouvernement installé à Pesth. La Diète ainsi réunie doit « achever le grand ouvrage de la renaissance de la patrie et de l’affermissement de la liberté » . Elle commence ses travaux et vote certaines mesures