CONCLUSION Toute atteinte à l’intégrité de l’Autriche menaçant la paix européenne, l’objectif d’une politique sage doit être de faire en sorte qu’une telle éventualité n’arrive jamais. Or, il est possible d’empêcher la question d’Autriche de se poser. Pourquoi et comment? Pourquoi ? Parce que l’agrandissement de l’Allemagne aux dépens de l’Autriche ne s’indique point comme un résultat inévitable de la force des choses. La création de l’empire allemand après la guerre contre la France en était un. Il s’agissait alors de réunir des Allemands de a mentalité » analogue, ayant des intérêts économiques concordants et parfaitement groupés géographiquement. Il n’en est pas de même en Cisleithanie. Les intérêts commerciaux de l’Autriche sont opposés à ceux de l’Allemagne. Des frontières naturelles séparent les deux pays. Vienne est une capitale cjui ne veut point se soumettre à Berlin et l’on ri a pas le droit de parler d’une Autriche allemande quand cette expression désigne un territoire qui contient neuf millions cl’Allemands, pour le plus grand nombre antiprussiens, et huit millions de Slaves résolus à défendre leur liberté jusqu à la mort. Le caractère artificiel de la campagne pangermaniste établit la vérité de ces assertions. Bien qu’aux dernières élections le nombre des députés prussophiles soit passé de sept à vingt-deux, ils ne représentent encore en Autriche