10 L’EUROPE ET LA QUESTION D’AUTRICHE voter les crédits pour l’armée navale (1). Elle a organisé dans chaque vdle de l’empire des conférences, souvent faites par des personnages officiels, comme le contre-amiral Wer-ner, le capitaine-lieutenant Meyer, le capitaine de corvette comte Bernstoff. En même temps, elle fit agir ses adhérents des colonies et de l’étranger et bientôt celles-là demandaient officiellement au chancelier de l’empire l’accroissement de la (lotte. Cette propagande contribua beaucoup au succès final ; il n’est pas douteux que dans la circonstance YAlldeustcher Verband ait acquis des droits particuliers à la bienveillance de l’empereur. Le gouvernement de Berlin suit d’ailleurs volontiers les conseils du comité de l’Union. Il a fini, comme le demandait depuis longtemps le Dr Hasse, par réclamer au Landtag de Prusse cent nouveaux millions de marks pour aider à la germanisation de la Posnanie, et par expulser, en novembre 1898, une quantité d’ouvriers danois, polonais et autrichiens. C’est à cette société si puissante qu’est due la diffusion dans les masses allemandes de cette conception : l’Allemagne « puissance universelle « (Weltmacht). Les acquisitions coloniales dans le Pacifique et dans les mers de Chine ont facilité sa tâche et bientôt la politique de l’empereur Guillaume II a été qualifiée : politique universelle ( Wellpo-litik). L’atmosphère favorable à l’idée pangermaniste étant ainsi créée, elle se développa rapidement. Le monde gouvernemental, imbu des principes bismarckiens, avait contre elle de la prévention; les changements survenus dans les (1) Deutsche Weltpolitik (la P^ta^u^allemande universelle). Deutsclilands Seegefaliren (les Dangers (le l’Allemagne sur mer). Genügt Deutsclilands Welirkraft zur See ? (l’Allemagne est-elle suffisamment défendue sur mer?) Der Niedergang deutscher der Aufschwung fremder Seemaclit (le Recul de la puissance maritime allemande et l’essor des marines étrangères, etc.). Toutes ces brochures ont été éditées par Lehmann de Munich.