Al SEUIL nu XXe SIÈCLE 409 encore existantes, la création en Europe centrale d’une puissance militaire qui, de toute nécessité, contraindrait le vieux monde à entrer dans une période de militarisme bien plus pénible encore que celle en cours actuellement. Aucune question ne se pose pour le groupe politique représenté par la ligue dite des « Droits de l’Homme ». Il a déjà pris parti dans la proclamation éloquente qu’il adressa à ses membres lors du passage du président Krüger à Paris : « Nous avons doublement qualité comme Français pour rappeler, à cet égard, une nation amie au respect d’un principe de raison et d’humanité. C’est d’abord la Révolution française qui la première a proclamé ce principe, que nous avons plus tard remis en honneur, au moment de l’annexion de Nice et de la Savoie; c’est ensuite sa violation barbare qui a noyé contre leur gré, dans le sein d’une nationalité étrangère, quinze cent mille de nos concitoyens. • « La déclaration des Droits de l’homme ne s’explique point, en termes exprès, sur cedroit impérissable d’un peuple à conserver son indépendance; mais, si elle ne définit que les conditions de la liberté individuelle, elle s’applique, par identité de raison, à la vie sociale des collectivités. « Nous serions autorisés, s’il en était besoin, à y ajouter cet article complémentaire : Le consentement d’un peuple civilisé est indispensable pour changer sa nationalité. » Cette déclaration si formelle constitue un encouragement pour lès Slaves cisleithans et leur garantit un sérieux concours contre les ambitions allemandes. De même que les partis politiques, les groupes religieux français n’ont aucune raison d’avoir une divergence de vues importante relativement à la « question d’Autriche ». Sans justifier enfin l accusation tant de fois portée contre eux de pactiser avec l’étranger, les catholiques ultramon-tains ne peuvent pas se solidariser avec les catholiques allemands qui, à la suite de Mgr Kopp, favorisent la politique mondiale de Guillaume II. Ils ont donc un motif puissant de