CHAPITRE VI 109 vagabonds, les déclassés, les exilés et les récidivistes, qui ont, au moins en partie, mérité leur infortune. • • • I-a vie, en Chine, esl en général familiale, sédentaire et sans luxe extérieur. Elle est laborieuse, mais sans fatigue, les besoins et les désirs étant restreints. Elle est aussi intellectuelle, mais sans excès, l'ambition étant à peu prés inconnue. Elle y est, politiquement et socialement, normale et sans surprises, l'amour de la stabilité et l'appréhension du changement empêchant tout progrès brusque, tout à-coup, toute entreprise extraordinaire. Les hautes classes, essentiellement lettrées, s'adonnent, plus qu'on ne le croirait, aux distractions |>acifiqucs de l'esprit, pendant tous les instants que laissent libres les fonctions administratives ou le gros commerce des villes. La population campagnarde, essentiellement agricole, vit sur la terre, par la terre et pour la terre, s'identifie à sa culture et à sa région, et vil satisfaite dans le calme des grandes plaines fertiles et des petits désirs accomplis. Il faut avoir pris place dans ce» familles de lettrés ou de travailleurs pour connaitre I indépendance d'esprit, la liberté d'allures, le détachement des grandeurs et des choses lointaines, la paix d'existence, dont se compose leur modeste et inébranlable félicité. Et cette connaissance est d'autant plu* difficile à acquérir que. si le caractère du Jaune est accueillant et hospitalier, son esprit reste réservé et son intelligence fermée, pendant bien longtemps, devant tout étranger qui u'aura pas. par un long séjouret une suite coordonnée d'actions sympathiques, acquis son droit de cité, c'est-à-dire le droit de voir 7