114 L'EMPIRE DU MILIEi: on dans le tube infect du malandrin, l'opium verse à tous, avec la force du corps, la pitié générale du cœur et l'acuité de l'esprit, le triple don qui seul peut rendre l'humanité heureuse : 1’ouldi du passé, le dédain du présent, l'indifférence du futur. Le lit d'opium occupe le centre de la maison, comme l’opium occupe et couronne la lin de la journée; autour de lui, le Jaune étale ses livres, ses liilH'lots et toutes les recherches de luxe et d'agrément ipiil pvut imaginer. Et il sait doser la drogue, |H>ur en obtenir les effets qu'il recherche. L'opium, en effet, préserve du choléra et de la dysenterie ; il annule toutes les douleurs nerveuses et engourdit les douleurs musculaires et les besoins du corps, comme la faim, la soif et le sommeil. Il rend la mémoire plus prompte et l'intelligence plus ttigut1. Il endort les sens. Néanmoins c’est un composé d'alcaloïdes vénéneux, dont il faut user ave«' précaution. L'excès de l’opium mène à l’anémie cérébrale, eu laissant par la cachexie physique. Et comme l'on s'y habitue facilement, il faut prendre garde à la multiplication des ii*«s«*s. Mais, pris sagement et pratiquement, il doit être recommandé; et ce n’est «|u’au vu et à la irénéralisation «le certaines exceptions lamentable«, toujours justifhVs par l’abus, que «-e reuu^le excellent, ce précieux «< néjienthès ». a soulevé l'indignation vertueuse des Occidentaux, qui |>oss«’ilent le vin, l’éther et l’absinthe. Et aiuai, entre les frontières immenses «pie la nature a imposées à la race, et «pie tons le» jours «'Ile dépasse un peu davantage, se dénude la vie chinoise. Dans