BIZERTE 371 jours une nombreuse population ouvrière, sont installés à Ferryville. Il faut espérer que, bientôt, l’achèvement de l’arsenal y amènera un plus grand nombre de nos nationaux 1 ; des maisons plus coquettes, de jolies villas vont s’élever sur les flancs de Sidi-Yaya pour recevoir les ingénieurs, les officiers et tout un monde d’employés et de contre maîtres français ; ils augmenteront la population de la ville nouvelle et, pour ainsi dire, la franciseront, achevant ainsi de donner, à ces bords du lac de Bizerte, hier encore inhabités, l’aspect d’un coin de France, laborieux et passionnément fidèle à la grande patrie. V Ainsi, à Bizerte et autour de Bizerte, tout est vie et activité féconde. Les maisons se multiplient, la ville s’étend, l’arsenal grandit, la pêche est fructueuse, le chemin de fer de Djedeida donne de gros excédents de recettes ; par quelle étrange contradiction le port, l’un des plus beaux et l’un des plus sûrs du monde, reste-t-il à peu près désert2? Les droits déport et de pilotage n’y sont pas supérieurs à ceux que l’on acquitte pour entrer à Sousse ou à Tunis : et cependant, si l’on excepte le paquebot de la Compagnie transatlantique qui, une fois par semaine, vient de Mar- 1. On cherche à faire venir, à Bizerte et à Ferryville, enviran 2000 ouvriers français, et l’on a de la peine à les trouver, malgré les bonnes conditions offertes. 2. La trafic de Bizerte a été de 340 000 tonnes en 1902.