BIZEKTE 367 tandis qu’nn treillage mobile, en fil de fer, ferme les intervalles et arrête les poissons. Au milieu du goulet, sur un espace de 50 mètres, le barrage est remplacé par des filets qui s’élèvent et s’abais-sent, au moyen d’un treuil, quand un bateau se présente pour franchir le seuil. C’est dans cet appareil très simple que viennent se faire prendre par milliers, par bancs entiers, les dorades, les mulets, les rougets, les bars, les soles et tous les innombrables poissons qui, dans leurs pérégrinations à travers la Méditerranée, viennent, chaque année, poussés par un instinct séculaire, séjourner dans l’immense lac. A certaines époques, absolument fixes et connues d’avance, les filets sont levés et laissent entrer les bataillons serrés des migrateurs, et, plus tard, quand ils tentent de ressortir, ils tombent dans les mailles qui les capturent. La Compagnie du Port en livre à la consommation, par an, une moyenne de plus de 500000 kilogrammes, dont 100 000 environ sont exportés en France, soit conservés frais dans la glace, soit salés ou fumés dans une usine spéciale installée à Bizerte. Derrière notre bateau, le filet des pêcheries s’est relevé, nous contournons la pointe Shara et, tout à coup, au détour du dernier promontoire, c’est une mer qui s’ouvre devant nous, c’est le lac de Bizerte. A peine aperçoit-on les rives lointaines du magnifique bassin ; et, sur presque toute cette étendue, les fonds, variant de 9 à 12 mètres, sont suffisants pour les plus grands bateaux 1 Encore 7 kilomètres, et nous arrivons à la pointe d’El-Caïd et à l’anse de Sidi-Abdallah ;