132 LE MAROC Péninsule se révolterait si cette possibilité d’un avenir conforme à ses traditions nationales lui était enlevée. La France devrait tenir compte, au cas où les événements l’amèneraient à intervenir au Maroc, de susceptibilités si légitimes : elle pourrait voir sans jalousie l’Espagne élargir, sur les côtes septentrionales du Maghreb, les territoires de ses Presidios, sous la seule garantie que le gouvernement de Madrid s’engagerait à ne jamais céder ses possessions africaines à quelque autre puissance et à respecter la liberté du détroit. Dans un article qu’il a publié et qui a pris toute l’importance d’un événement politique1, l’ancien chef du parti conservateur, M. Silvela, a donné à ses concitoyens les conseils les plus sages auxquels son expérience ajoute un prix infini. Pieconnais-sant que la « question marocaine » est à la veille de s’ouvrir et que l’Espagne ne saurait de longtemps assumer une tâche aussi vaste que le protectorat ou la domination du Maroc tout entier, il montre dans la France l’alliée naturelle de l’Espagne ; résolument adversaire d’un statuquo impossible à prolonger, comprenant que « la situation actuelle du Maroc, fermé au commerce, à la civilisation, à toute augmentation de la population, à l’exploitation de ses mines, à la consommation et à l’échange des produits, n’est pas un bénéfice ni une richesse, mais bien une raison de pauvreté, de stérilité et de stagnation pour l’Espagne », il 1. La Cuestión de Man'uecos, dans la Lectun. a'aoùt 1901. L’article est signé : Un diputado a Cortés. 11 a été en partie traduit par M. R. de Caix dans \a Bulletin du Comité de VAfrique française de septembre.