TRANSYLVANIE. 35 Les Allemands de Transylvanie sont des descendants de colonies saxonnes établis aux xie et xne siècles et groupés près des villes, au nom germanique, de Kronstadt, Hermannstadt, Klausenburg, Karlsburg, etc. Ces colons n’étaient pas des Saxons proprement dits, mais plutôt des Frisons qui abandonnaient leur littoral ravagé parles inondations de la mer. Les Roumains gagnent beaucoup de terrain aux dépens des Magyars et des Allemands. Après les Magyars, ce sont eux qui forment le groupe le plus important des pays transleithans. Aussi réclament-ils pour leur nationalité, les mêmes privilèges que ceux des Croates, c’est-à-dire une autonomie administrative et l’usage officiel de la langue roumaine. Les Hongrois s’y refusent; ils s’efforcent, au contraire, d’amoindrir le particularisme des institutions, des langues et des idées et poursuivent, par tous les moyens, la centralisation et l’unification du royaume. Les Slaves, très nombreux autrefois en Transylvanie, ne s’y rencontrent plus en groupes notables. La Transylvanie a une grande importance stratégique ; les armées qui l’occupent peuvent, en effet, agir, soit en Moldavie dans la direction de Jasi, soit en Valachie dans celle de Bucarest. Dans les guerres des Russes contre les Turcs, l’Autriche aurait souvent pu paralyser leurs mouvements. Sa neutralité bienveillante était donc nécessaire à la Russie. Celle-ci d’ailleurs prétendait, avec quelque raison, y avoir des droits en raison des services qu’elle lui avait rendus en l’aidant à maîtriser la grande insurrection hongroise de 1848. Mais les Hongrois ont, aujourd’hui, dans la monarchie dualiste, une situation égale à celle des Allemands ; aussi les souvenirs de cette époque ne