GUERRES TURCO-RUSSES DU XIX0 SIECLE. 139 garantes du traité de 1856. Un armistice fut accordé par les Turcs, du 10 au 25 septembre 1876, mais ceux-ci avaient mis comme conditions à la conclusion de la paix, la réoccupation par des garnisons turques des points fortifiés de la Serbie, y compris Belgrade, la construction du chemin de fer de la Morava, la remise entre leurs mains des sujets de la Sublime Porte qui avaient pris les armes, enfin l’obligation pour le prince de Serbie de venir recevoir l’investiture à Constantinople. L’armée serbe répondit à ces propositions par la proclamation du prince Milan comme roi de Serbie. Les hostilités furent reprises. Bien que les progrès des Turcs fussent peu rapides, la situation de la Serbie était des plus critiques. Ses frontières étaient ravagées par les Bachi-Bouzouks ; la misère était générale; les pertes d’autant plus considérables que les Turcs, ayant refusé de reconnaître les Serbes comme belligérants, ne faisaient aucun quartier; les approvisionnements et les munitions manquaient malgré les envois de la Russie; les troupes serbes, épuisées, avaient donné leur maximum d’efforts, et les volontaires russes soutenaient seuls la lutte. Les Turcs, s’étant emparés de Kru-chevatz, allaient pénétrer dans l’intérieur du pays, lorsque la Russie prit le parti de se dégager de l’action collective et inefficace des Grandes Puissances européennes et, agissant pour son propre compte, adressa à la Turquie un ultimatum qui lui imposait la suspension immédiate des hostilités et l’ouverture de négociations sur des bases qu’elle détermina. Le sultan dut y consentir; on entrait, d’ailleurs, dans la mauvaise saison. Un armistice défi-