21)4 LE PANGERMANISME EN AUTRICHE ment aussi foncièrement national que celui que nous étudions? Et, en effet, ici ce mouvement a de tout autres causes, et est par cela même beaucoup plus artificiel. Ici nous ne trouvons pas, à sa base, à son origine, l'idée nationale, la seule sur laquelle il puisse légitimement se fonder; cette idée n’existe, et encore combien confuse et vague, que chez les étudiants nationaux-allemands, élément turbulent qu'il ne faut pas trop négliger, mais qui est cependant bien loin d’avoir l'importance qu'il s’attribue si bruyamment. Non! Ce qui, dans ces deux provinces, et plus particulièrement encore dans la Basse-Autriche, a fait le succès du mouvement pan-germaniste, c’est bien plutôt son caractère violent de mouvement d’opposition à outrance. C’est incontestablement ce caractère-là, qu’il a revendiqué hautement dès son apparition dans la vie politique, qui, lors des ministères à tendances tché-quophiles, lui a valu beaucoup de suffrages de la part de tous ces agités qui ne se trouvent dans leur élément que lorsqu’ils sont à l’avant-garde de l’opposition. Cependant, si cette violence dans l’opposition lui a valu ainsi des succès inespérés, il est juste de dire que c’est elle aussi qui a de nouveau éloigné de lui pas mal d’électeurs, lorsque le groupe Schœnerer a définitivement adopté cette attitude intransigeante d’opposition de principe à tout ministère quel qu'il pût être, lorsqu'il a inauguré