*270 LE PANGERMANISME EN AUTRICHE tou te raison d’intérêt positif, pratique et matériel, la France, victime toujours meurtrie de la dernière grande guerre européenne, ne doit-elle pas souhaiter de toutes ses forces le maintien de la paix sur le sol de cette vieille Europe, qui doit décidément être bien résistant pour que tant de secousses et de chocs ne l'aient pas ébranlé davantage ? De quelque côté donc que nous regardions (quelque sommaire qu’ait été nécessairement cette lapide revue), nous voyons que les intérêts matériels des puissances européennes, même en laissant de côté leurs intérêts moraux, s'opposent au succès des desseins du pangermanisme en Autriche. Il nous a paru même, à tout bien considérer, que l’intérêt de l’Allemagne elle-même, son intérêt réel et positif, qui consiste à ne pas compromettre sa situation actuelle dans des aventures grandioses, mais peut-être chimériques, commandait au cabinet de Berlin de se garder des tentations de la politique pangermaniste. Il ne nous reste donc plus maintenant, avant de jeter un coup d’œil vers l’avenir et de conclure ainsi toute cette trop longue étude de ce problème passionnant, qu’à déclarer hautement qu’il est du devoir de l’Europe entière, en tant que personnalité morale, de ne pas se laisser aveugler par les avantages passagers qu’on pourrait faire miroiter à ses yeux et de ne rien faire qui puisse directement ou indirectement favoriser