156 LE PANGERMANISME EN AUTRICHE de détresse : « Lieber Deutsch sterben als tche-cbisch verderben » (Plutôt mourir Allemand que pourrir Tchèque). Les Allemands défendent cependant pied à pied leur antique prépondérance en Cisleithanie. Toute la politique autrichienne pendant cette période, si curieuse à tant de points de vue, du ministère Taaffe, semble être un perpétuel recommencement. Voici, en effet, que, reprenant sous une forme un peu différente l’audacieuse proposition du comte Wurmbrand, qui avait été (nous l’avons vu plus haut) repoussée deux ans auparavant, le baron de Scharschmid, vient, au nom du parti national-alle-mand, demander que l’allemand soit proclamé langue officielle en Cisleithanie. Manifestation platonique, d’ailleurs, qui n’eut pas un sort meilleur que la proposition Wurmbrand. De part et d’autre, on s’aigrit de plus en plus, les discussions s'enveniment sans cesse ; tout le monde a perdu son sang-froid, et de tous côtés pleuvent les revendications, les exigences, les protestations ou les plaintes. C’est pourtant à ce moment où tous, Tchèques aussi bien qu’Allemands, paraissent avoir perdu toute notion de l’intérêt général du pays, que l'année 1887 va voir se dessiner un mouvement nouveau, et s’esquisser, chose presque incroyable dans une crise pareille, une scission très nette dans les partis allemands. Depuis le temps, en