LA CRISE : LE PANGERMANISME ACTIF 221 M. Wolf. Dans quelle mesure cette polémique effrénée, dont l’intensité a d'ailleurs beaucoup diminué depuis lors, cette scission qui, elle, existe toujours, ont-elles pu et peuvent-elles encore affecter le développement ultérieur du parti? C’est là une question à laquelle il est difficile de répondre d’une manière absolue, un point très malaisé à élucider par avance. En tout cas, nous aurons l’occasion de revenir sur la question un peu plus loin et de l’examiner avec plus de détail, lorsque, ayant sommairement fait ressortir les caractères différents du mouvement pangermaniste dans les diverses provinces, nous aurons réuni tous les éléments nécessaires à une conclusion aussi raisonnéeque possible sur un sujet aussi complexe. Du reste, il convient de dire que pour sa besogne habituelle qui lui a valu sa triste célébrité, c’est-à-dire pour faire du tapage et causer du scandale, le parti pangermaniste se ressaisit et semble retrouver son unité. Une des plus récentes, et peut-être la plus inconvenante des manifestations du parti à la Chambre, pendant la séance du 18 mars 1902, en est la preuve. M. Sehœnerer y parla longuement en faveur de la proclamation de l'allemand comme langue d’Etat, et termina son discours par une vigoureuse défense de son collègue le D1 Eisenkolb. Celui-ci, en effet, avait été rappelé à l’ordre, lors d'une séance précédente, pour s’être exprimé au sujet de la famille de Hohenzollern, en termes incom-