LE PREMIER ACTE : SCHVVARZEiNBERG 31 malheur, menacé sérieusement par l’insurrection magyare, se trouvait dans une situation extrêmement critique. L’incendie, d’ailleurs, s’étendait partout. En quelques jours, la révolution triomphait dans le grand-duché de Bade, la liesse Darmstadt, la Hesse électorale, le Wurtemberg, le duché de Nassau (à peu de chose près dans l’Allemagne entière) et, le 18 mars, elle s’installait victorieusement à Berlin. L’Allemagne est donc bouleversée et l’Autriche et la Prusse auront besoin de toutes leurs forces pour réprimer des mouvements insurrectionnels d’une telle violence. Etait-il, dans cet état d’agitation fébrile, possible que la question de l’unité allemande, qui n’avait jamais cessé d’être la question vitale en Allemagne, fût laissée de côté? Non, il était fatal et inévitable qu’elle devait revenir sur le tapis! Et ce qui était fatal ne tarda pas à se produire ! Le 18 mai 1848, se réunissait en effet à Francfort un Parlement, Parlement révolutionnaire, élu avec la mission bien nette de réorganiser l’Allemagne. Lalutte pour l'unité allait donc reprendre, et tout faisait prévoir qu’elle serait âpre. Dans quel état d’esprit les députés qui composaient ce Parlement arrivaient-ils à Francfort? Quelle était leur pensée dominante? La réponse à ces questions est facile et nette. Sur un seul point ils étaient en effet tous d’accord; un seul désir leur était commun : celui d’aboutir enfin à quelque chose