182 LE PANGERMANISME EN AUTRICHE de nouveau bruyamment sur les bancs de la Chambre. Il a repris la direction de son parti et remplit son rôle de chef d’orchestre de ce grand concert de vacarme, assisté de ses lieutenants M. Wolf et M. Iro. Le groupe Schœnerer compte officiellement au parti national-allemand, mais s’en sépare néanmoins le plus souvent, car sur la plupart des questions simplement politiques la majorité de ces 47 députés Nationaux-Allemands vote en général avec les Allemands progressistes et libéraux. La Chambre venait à peine d’être élne, lorsque se déchaîna dans le ciel, déjà fort assombri de l’Autriche, un orage effroyable, le plus terrible peut-être qu’elle ait encore connu, motivé par les fameuses ordonnances du 5 avril 1897, célèbres dans l’histoire politique de ces dernières années sous le nom d’ordonnances Badeni. Nous n’avons pas ici à étudier, ni à juger ces ordonnances, qui ont fait couler tant d'encre, mais tout ce que nous pouvons et devons en dire, c’est qu’elles avaient, en somme, un caractère nettement fédéraliste. Elles décrétaient, en effet, l’égalité des deux langues, allemande et tchèque, en Bohême et en Moravie, et exigeaient que tous les fonctionnaires de ces deux provinces connussent les deux langues. Ces mesures, vues à distance, jugées surtout par un étranger au pays auquel elles s’appliquaient, peuvent paraître assez anodines ; mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’elles constituaient, soit intentionnellement, c’est-à-dire