LE TROISIÈME ACTE : BEI ST 111 simplement l’évolution, pour ainsi dire psychologique, des pangermanistes, tout au moins de ceux pour qui le mouvement est autre chose qu’un prétexte à agitation et à scandales. Si l'on veut se rendre compte plus exactement de cette revendication très nette des droits des Allemands, en tant que sociétaires influents dans la monarchie austro-hongroise, revendication dont nous parlions tout à l’heure, l’on n’aura qu’à lire certains passages des discours fort éloquents et d'une belle tenue littéraire prononcés par M. de lvaiserfeld le 8 avril 1870 et M. Sturm le 19 novembre 1870, à la Chambre des députés, et surtout de la magnifique et prophétique harangue de M. Unger1 à la Chambre des Seigneurs, le 16 novembre 1870. Ces passages fort intéressants sont malheureusement trop longs pour être cités ici; on en trouvera le texte allemand dans le recueil déjà mentionné du Dr Gustav Kohn2. Mais, pendant que la situation politique intérieure de l’Autriche se brouillait ainsi de nouveau, toute l’attention se trouvait subitement reportée sur des faits autrement importants, autrement graves. La guerre franco-allemande, prévue, inévitable depuis 1. Unger (Joseph), né à Vienne le 2 juillet 1828. Professeur de «lroit aux Universités de Prague (1853), de Vienne (1855), fut l’un 'les promoteurs du système dualiste et le chef du parti libéral à la Chambre des Seigneurs (1869), ministre sans portefeuille dans le cabinet Adoli Auersperg (1871-1879). Président de la cour impériale en 188-1, et l’un des plus célèbres jurisconsultes de l’Autriche. 2. JD' Gustav Kohn, op. cit., p. 172 et 173.