PRÉFACE XIII rester une grande puissance qu’aussi longtemps que règne sur le Danube une grande Autriche. Certains de nos compatriotes se leurrent peut-être d’un rêve chimérique. Ils s’imaginent qu’en s’annexant les provinces autrichiennes, l’Allemagne nous restituerait volontiers l’Alsace-Lorraine, atout le moins Metz, à défaut de Strasbourg et de Mulhouse. Ce ne serait pas à l’heure où triompherait le pangermanisme, à l’heure où l’orgueil teutonique serait encore exalté par de nouveaux succès, que l’Allemagne renoncerait à ses conquêtes de 1870. Puis, quand la rétrocession de nos anciennes provinces devrait, par impossible, embrasser toute l’Alsace-Lorraine et Strasbourg avec Metz; quand, pour acquérir, sur l’Elbe et sur le Danube, des territoires dix fois plus étendus et plus peuplés, le germanisme se résoudrait à un sacrifice sur le Rhin, ce ne serait, de sa part, qu’une cession temporaire surlaquelle l’Allemagne, encore agrandie, aurait hâte de revenir, et qui, pour la France et pour l’Europe, ne compenserait pas les périls de la suppression de l’Autriche. De toutes façons, loin d’être favorable à la grande cause de la paix et de la liberté des peuples, la dissolution de l’Autriche