POPULATIONS ALLEMANDES ET PANGERMANISME 229 faille rendre au parti pangermaniste, c’est qu’il est, sans conteste possible, des partis allemands, de beaucoup le plus violent. Il est, par conséquent, permis de penser qu’il se trouve parmi ceux qui l’ont soutenu de lèurs votes, des gens qui ne songent pas à l'union avec l’Allemagne, et qui n’ont fait triompher ses candidats que pour affirmer, avec toute la vigueur ettoute l'intransigeance possibles, leurs sentiments allemands et antitchèques. Ceci n’est peut-être pas seulement une hypothèse en l’air, une pure et simple conjecture. En effet, les élections qui ont eu lieu au mois d’octobre 1901, pour le renouvellement de la Diète de Bohême, ne font que confirmer cette supposition et lui donner de fortes apparences de vérité. Sans doute, elles ont vu les pangermanistes remporter des succès éclatants et conquérir nombre de sièges; mais ces succès étaient surtout remportés aux dépens des progressistes allemands modérés. Mais elles ont vu aussi chez les Tchèques les tendances extrêmes, exaspérées par la lutte, l’emporter nettement, et le parti tchèque le plus violent, celui des agrariens tchèques, faire des progrès considérables, également au détriment des éléments tchèques modérés plus disposés à la conciliation. Des deux côtés donc, les violents ont triomphé, de ce triomphe un peu factice et généralement éphémère qu'est le triomphe des idées de violence et de haine, et c’est, par conséquent, ce triomphe même,