un tiers de la population de leur propre pays. Invoquer le droit historique à l’époque où le droit naturel célèbre son triomphe universel, paraît presque ridicule. Les Tchèques hésitent naturellement. La Révolution a donc divisé le pays, elle a amené en Autriche les luttes nationales, elle a fait des Tchèques et des Allemands des ennemis irréconciliables. Avant elle, le problème autrichien et la question tchèque étaient faciles à résoudre, maintenant c’est une énigme presque insoluble. Les patriotes et les politiciens tchèques se sont rendus compte au moins partiellement de la situation nouvelle. Pendant l'agitation pour Francfort, les autres événements politiques ont pris la première place en Bohême, notamment les travaux préparatoires du Conseil national pour la convocation de la Diète Constituante de la Bohême. Mais les Allemands se désintéressaient presque complètement de la Diète, dès qu’ils eurent reconnu qu’ils y seraient en minorité.En outre, le Congrès slave, réuni à Prague, qui devait servir de contrepoids au Parlement de Francfort et unir tous les Slaves de l’Autriche contre le danger commun, n’était nullement de nature à pouvoir améliorer les rapports des deux peuples. Dans le projet constitutionnel qui devait être présenté à la Diète nouvelle, les Tchèques affirmèrent leur programme du droit historique de la Bohème ; néanmoins, l’union avec l’Autriche était la première condition de toute la réorganisation de l’Etat. En principe, l’idée du fédéralisme fut donc posée, quoique non dans la forme du fédéralisme autrichien exclusif, comme cela fut fait quelques mois plus tard par Palatsky. De même devant le Congrès slave on discuta la communauté des peuples slaves,