— 130 — tchèque, qui était en formation et d'où l’indépendance plus ou moins complète eût pu sortir, fut cette insurrection subite des Tchèques à Prague. Elle était en réalité un bon prétexte pour tous les ennemis de l’indépendance de la Bohême et qui y trouvèrent un moyen de la supprimer d’avance. Le séparatisme en Moravie avait du reste affaibli considérablement les Tchèques. En outre, les luttes nationales entre les Tchèques et les Allemands éclataient et compromettaient beaucoup le succès de l’œuvre constitutionnelle.Jusque-là les Allemands combattaient, en bonne harmonie avec les Tchèques l’absolutisme du gouvernement. Mais le Parlement de Francfort leur avait fait entrevoir le futur Empire pangermanique et les efforts des Tchèques pour rendre leur Etat indépendant devait naturellement les troubler dans leurs aspirations. Enfin, le gouvernement et la bureaucratie n’avait rien perdu de leurs anciennes tendances centralistes et ger-manisatrices. Ils s’étaient rendu compte delà situation intérieure de l’Allemagne et du rôle que peut y jouer l’Autriche centraliste et allemande. La rivalité entre l’Autriche et la Prusse poussa la première à étouffer l’action politique des Tchèques et à abaisser le plus possible l’élément slave dans son territoire. Le gouvernement saisit donc l’occasion favorable à ses plans du dehors et exploita l’insurrection à Prague, pour pouvoir se débarrasser des Tchèques qui le gênaient par leur» luttes pour l’autonomie de la Bohême. Ce sont peut-être là les causes qui ont empêché la réalisation de l’indépendance de la Bohême en 1848.