LA RÉVOLUTION (1848-1849) i33 de démissionner si on ne lui donnait pas satisfaction. Schwarzen-berg, en désespoir de cause, dépêcha à Windischgràtz Hübner, son homme de confiance. Leur entretien eut lieu pendant la bataille de Kápolna. Windischgràtz se résigna : « Vous avez raison, il faut prendre votre charte comme elle est. Elle ne vaut pas cher, mais il n’y a rien d’autre à faire 1. » Schwarzenberg n’en pensait pas beaucoup plus de bien, et ne la prenait qu’à moitié au sérieux !. Après six semaines de discussion — la résolution de l’octroi avait été prise le 20 janvier, — tout était prêt enfin, et l’exécution fut fixée au 7 mars. Le 6, dans la nuit, Stadion, arrivé à l’impro-viste à Kremsier, fit convoquer les principaux députés favorables au gouvernement pour leur communiquer la nouvelle. Devant leurs protestations unanimes, il hésita un moment : on lui proposait comme transaction de faire adopter promptement par le Parlement le projet de la commission, d’amender les points qu’indiquerait le ministère et de tout terminer pour que la promulgation pût avoir lieu avant la date fatale du i5 mars. L’odieux d’un octroi de la dernière heure serait ainsi évité, sans aucun sacrifice au fond. Mais les préparatifs miiitaires étaient faits, Bach déciara à Stadion qu’il n’y avait plus qu’à laisser aller les choses. Le 7 au matin, les députés trouvèrent la salle des séances gardée par les soldats, et purent lire sur les murs le manifeste où s’étalaient, avec la nouvelle Constitution, les reproches dont les accablait l’empereur. Le manifeste retraçait d’abord les troubles de l’année écoulée, et la situation du moment, état de siège, guerre civile, guerre étrangère. « Tels sont les tristes effets, non de la liberté, mais de l’abus de la liberté. Parer à cet abus, mettre fin à la révolution, c’est notre devoir et notre volonté. » Le Parlement, auquel par grâce l’empereur avait permis de continuer son œuvre, n’a pas abouti : « Des controverses théoriques, qui ne sont pas seulement en contradiction diamétrale avec les conditions réelles de la monarchie, mais qui d’une façon absolue sont contraires à la fondation d’un ordre légal régulier dans l’État », ont empêché « le rétablissement du calme, de la légalité et de la confiance pubtique », et donné au parti du bouleversement un courage et une activité nouveaux. Les succès de l’armée impériale en Hongrie ont rapproché l’Autriche du moment de sa régénération, et fait paraître la néces- 1. Hübner, Ein Jahr meines Lebens, 351. 2. Helfert, Os,;h. Oesl. IV!, 467.