iofi LA RÉVOLUTION ET LA RÉACTION mise on complète sûreté1 », le ministère demandera au Parlement que toutes les forces régulières de la Hongrie qui ne seront pas nécessaires à la défense de l’ordre intérieur, de la paix, des droits et libertés de la nation, soient mises à la disposition du roi pour la lutte contre son ennemi extérieur. La paix qui sera conclue en Italie devra d’ailleurs sauvegarder, « en même temps que la dignité de Sa Majesté, les droits, libertés et vœux équitables de la nation italienne ». Ce n’était plus l’engagement d’Innsbruck, et Kossuth sembla prendre à tâche de grandir encore le mécontentement bien naturel de la cour. Le gouvernement demanda au Parlement le vote d’un crédit de 4<> millions et du nombre de recrues nécessaires pour élever peu à peu l’armée au chiffre de 200.000 hommes ; Kossuth, chargé de défendre le projet, se livra avant tout à une pliilippique contre les insurgés serbes, les rebelles croates, et plus encore le ministère de Vienne. Le souffle de l’aula 2 a balayé ce ministère \ et son successeur ne pourra plus suivre pareille politique, sinon, « nous jetterions aux pieds de l’Autriche, qui subventionne les insurrections dans notre patrie, l'alliance violée par elle, et nous chercherions un autre allié plus fidèle ». Il espérait que «ces paroles seraient entendues à Vienne aussi». On les entendit en effet et on les commenta à Vienne, et surtout à Innsbruck ; on remarqua que le vote avait eu lieu par acclamation, sur l’initiative de l’opposition ; et l'on douta que vraiment des renforts et des crédits ainsi sollicités et ainsi accordés fussent destinés au service de l’Autriche. — Quand il s’agit de faire insérer dans l’adresse la promesse de secours que contenait le communiqué du 4 juillet, Kossuth commença par proclamer hautement ses sympathies pour la cause des Italiens ; mais le sentiment, dit-il, doit céder à la politique ; pour obtenir l’aide de la cour contre les Croates, il faut l'aider contre les Italiens ; ce serait une faute de rappeler, comme le demande l’opposition, les troupes hongroises d’Italie ; car nous courrions risque de voir revenir en même temps les Croates, qui sont trois fois plus nombreux, et qui attaqueraient la Hongrie. Dans la chaleur du débat, il se laissa entraîner à des déclarations absolument contraires aux résolutions du cabinet : la Hongrie n’accordera son t. Marczali, A legwj. kor lort., 6b4-o. Iraayi et Chassiri, Révol. de Hongrie, h, îü-ao. 2. L’au/a est la salle des Actes de l’Université. En 1848, on désignait sous qe nom l’assemblée des étudiants révolutionnaires. 3. Pillersdorf.