120 LA RÉVOLUTION ET LA REACTION Le soulèvement de Vienne, en mars, avait déchaîné la révolution dans toutes les parties de la monarchie.. La restauration par la force de l’autorité impériale dans la capitale rebelle marqua l’achèvement de la reconquête de l’Autriche cisleithane, et ouvrit la période de la lutte à mort contre la Révolution en Hongrie. III Vienne soumise et la guerre déclarée à la Hongrie, la cour peut démasquer ses vrais desseins, rompre complètement avec le système suivi depuis la Révolution. Elle poursuit désormais ouvertement son double but : la restauration de l’Autriche dynastique, et l'achèvement de l’Autriche une. Un nouveau ministère fut tout d’abord constitué. Il se présenta le 27 novembre devant le Parlement à Kremsier. Trois noms le caractérisaient : Schwarzenberg, Stadion et Bach. Ils représentaient trois écoles politiques : Schwarzenberg, le diplomate militaire, élève de Metternich ; Stadion, l’ancien gouverneur de Trieste et de Galicie, type d’administrateur autrichien, tous deux appartenant à la plus haute aristocratie ; Bach, l’avocat roturier, l"un des chefs de la Révolution en Mars. Celui-ci ne voyait dans la monarchie que Vienne ; Stadion connaissait surtout les provinces : Schwarzenberg n’avait vécu en Autriche que des semaines ou des mois, ignorait tout de l’intérieur, ne considérait que l’extérieur. Ces trois hommes si différents s’étaient mis d’accord sur un programme, et, instruits par les dissensions intestines de leurs prédécesseurs, avaient résolu d’affirmer en toute occasion leur solidarité 1. Sur toutes les questions du moment, leur déclaration indiquait les grandes lignes d’une politique bien arrêtée. Le ministère veut une Autriche constitutionnelle, libre et forte, fondée sur le droit égal et le développement sans obstacles des diverses nationalités, avec le lien commun d’un fort pouvoir central. Les peuples du royaume lombard-vénitien trouveront, après la conclusion de la paix, dans une union organique avec cette Autriche constitutionnelle, la plus sûre garantie de leur nationalité. Les peuples de la Hongrie se sont soulevés, au nom de l’égalité nationale, contre un parti « dont le but dernier est le bouleversement total et la séparation d’avec l’Autriche » : ils demandent le maintien de la monarchie et la garantie de leur t. Ver h. des üst. Reichtags, IV, lo.