PRINCESSES LATINES A LA COUR DES PALÉOLOGUES 257 d’Alexis Comnène. Mais, ces politesses faites, il s’appliqua à prendre réellement possession du pouvoir. Il maria, par mesure de précaution, sa fille Hélène au jeune empereur Jean, et, dans le sanctuaire des Bla-cliernes (la chute récente de la coupole de Sainte-Sophie avait fait de la Grande Église une ruine), il se fit à nouveau solennellement couronner. Les fêtes du couronnement furent tristes. « Telle était, dit un contemporain, la pauvreté de l’empire, que, parmi les plats et les coupes qui servirent au festin, il n’y avait pas une pièce d’or ou d’argent. Une partie du service était en étain, le reste en terre ou en coquillages. Quiconque est un peu au courant des usages comprendra par là, ainsi que par les autres détails qui ne furent pas conformes à l’étiquette, quelle détresse pesait impérieusement sur toutes choses. J’ajoute que les diadèmes et les vêtements impériaux n’offraient pour la plupart en cette fête que l’apparence de l’or et des pierres précieuses. L’or était remplacé par du cuir doré, les pierreries par des verroteries de diverses couleurs. A peine voyait-on par ci, par là des pierres ayant un éclat véritable, des perles dont l’orient ne trompait pas les yeux. Tant étaient ruinées et évanouies l’antique prospérité et l’antique splendeur de l’empire romain, et ce n’est point sans honte que j’en fais le récit. » Le trésor pareillement était vide : « on n’y trouvait que de l’air et de la poussière ». Voilà où, par ses imprudences, son avidité, ses folies, l’impératrice Anne avait réduis la monarchie.