LES AVENTURES D’ANDRONIC COMNÈNE 97 une suffisante récompense de tous les périls qu’il pouvait courir ». Pendant ce temps, Jean, le frère d’Eudocie, et Jean Cantacuzène, son beau-frère, desservaient Andronic chez l’empereur et tentaient môme de se défaire de lui par un assassinat. Un jour, Andronic avait, selon son habitude, rejoint sa maîtresse dans la tente qu’elle occupait. Avertis du rendez-vous, les parents d’Eudocie préparèrent une embuscade et postèrent des hommes d’armes dans le voisinage du pavillon, pour tuer leur ennemi, quand il en sortirait. Mais Eudocie était une personne avisée ; elle avait, on ne sait comment, eu vent du complot. « Quoique, dit le chroniqueur, elle eût à ce moment l’esprit à toute autre chose », elle s’aperçut que l’on cernait la tente et elle avertit son amant. Andronic aussitôt dégaine sa longue épée et s’apprête à vendre chèrement sa vie. Mais Eudocie eut une autre idée. Elle proposa à son amant de revêtir des vêtements de femme : cela fait, à voix très haute, afin qu’on l’entendît au dehors, elle appellerait une de ses suivantes pour se faire apporter de la lumière; et Andronic, sortant ensuite de la tente à la place de la femme de chambre, pourrait, sous son déguisement, s’échapper sans attirer l’attention. Mais le jeune homme ne voulut rien entendre. Craignant le ridicule s’il était reconnu, il déclara qu’il aimait mieux mourir que se déshonorer par ce travestissement; et brusquement, fendant d’un grand coup d’épée la toile de la tente, d’un bond prodigieux il sauta par-dessus les cordes, les piquets et le petit mur auquel le pavillon était adossé, à la profonde stupeur des hommes d’armes qui le guettaient et que cette apparition imprévue paralysa. FIGURES BYZANTINES, 2* Série. 7