70 FIGURES BYZANTINES du monastère, quand elle devait recevoir les administrateurs ou les fermiers des biens de la communauté, elle se transportait à la porte intérieure du couvent, escortée de deux ou trois sœurs âgées qui étaient les témoins de l’entretien. En somme, on s’efforçait d’admettre à l’intérieur de la clôture le moins possible d’étrangers. Tout au plus permettait-on la visite des femmes que pourrait attirer la réputation de sainteté de la maison : sur ce point la fondatrice s’en remettait à la sagesse de la supérieure, mais en ajoutant que ces visiteuses devraient toujours être des personnes d’une moralité bien établie, et en limitant à deux jours au plus la durée de leur séjour. Même les princesses de la famille impériale, même celle d’entre elles à qui était spécialement dévolu le patronage du monastère n’y pouvaient point entrer à toute heure et n’y devaient en général demeurer que peu de temps. La communauté instituée par Irène ne devait pas, dans l’intention de la fondatrice, être fort nombreuse, la quantité des personnes risquant d’entraver l’exacte application de la règle. Elle comprenait vingt-quatre religieuses seulement et dix servantes, et en aucun cas le nombre des sœurs ne devait s’élever au delà de quarante. A la tête de la maison était placée une supérieure. La façon dont elle était nommée ne laisse pas d’être assez curieuse. Les religieuses s’accordaient pour désigner trois noms, entre lesquels le choix définitif se faisait de la façon suivante. Les trois noms étaient inscrits sur trois feuillets de papier semblables, avec la formule que voici : « Seigneur Jésus-Christ, toi qui connais les cœurs! par l’intercession de notre dame la Vierge immaculée pleine