10 FIGURES BYZANTINES staufen comme Manfred ou un Français comme Charles d’Anjou, eurent pour ambition constante de reconstituer à tout prix, et par la force, l’empire latin détruit. Les chefs spirituels de la chrétienté, les papes, n’eurent de môme qu’une pensée, profiter des embarras et de la détresse des basileis pour leur imposer l’union avec Rome et la soumission de l’église grecque à la papauté. Et les Byzantins, adversaires de l’union des églises, ne se trompaient guère en disant que, sous les hostilités ouvertes comme sous les apparences désintéressées, l’Occident, en somme, ne poursuivait toujours qu’un même but, « la destruction de la ville, de la race et du nom grecs ». Si, finalement, malgré des satisfactions momentanées de la part des Byzantins, malgré d’inefficaces et tardifs secours de la part des Latins, la chrétienté occidentale a laissé, au xv* siècle, Gonstantinople succomber sous les coups des Turcs, la raison essentielle en doit être cherchée dans les antipathies anciennes, dans les incompatibilités radicales, qui rendaient tout accommodement impossible entre l’Orient grec et l’Ocd-dent latin. Si la chrétienté laissa tomber Byzance, c’est qu’elle détestait en elle des ennemis irréconci-liablef, schismatiques et perfides, à qui l’on faisait le double reproche d’avoir fait échouer les croisades et de s’être toujours refusés à rentrer sincèrement au giron de la catholicité. Ainsi, du jour où à la fin du xie siècle, les croisades pour la première fois rapprochèrent Latins et Grecs, un problème se posa, qui domina jusqu’au xve siècle une grande partie des affaires européennes, et qui fut vraiment la question d’Orient du moyen Age. L’établissement d’un modus vivendi entre l’Occi-